Tribune Libre

Brice Ndong invite Mgr Basile Mvé à retirer sa carte d’adhérant au PDG

Brice Ndong invite Mgr Basile Mvé à retirer sa carte d’adhérant au PDG
Brice Ndong invite Mgr Basile Mvé à retirer sa carte d’adhérant au PDG © 2015 D.R./Info241

Le journaliste gabonais et activiste, Brice Ndong a appelé dans une lettre ouverte ce lundi, Mgr Basile Mvé Engone à officialiser son appartenance militante au Parti démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir). L’ecclésiaste est jugé beaucoup trop proche des oppresseurs que des opprimés au regard de ces récentes sorties partisanes dans la sphère politique Gabonaise. Une boutade salace pour l’inviter à démissionner de son épiscopat désormais controversé.

Pour notre confrère, il serait grand temps pour le patron de l’église catholique du Gabon « d’ôter son costume ecclésiastique et d’aller chercher sa carte de membre du parti au pouvoir, PDG étant donné son engagement à garder le silence devant autant d’injustices et atrocités de tout genre : crimes rituels, crimes économiques, arrestations arbitraires, intimidations et menaces, assassinats, séquestrations des populations et des prêtres dans les Eglises etc. »

Brice Ndong lance le bilan critique de l’événement qui a captivé l’attention de toute l’opinion publique nationale notamment les incartades qui ont entaché les obsèques de l’opposant gabonais, André Mba Obame. Le public se rappelle de cette sortie hasardeuse de Mgr Basile Mvé Engone, accompagné des prétendus représentants de la famille du défunt, reçus avec faste par Ali Bongo, à son palais présidentiel du Bord de mer.

Une conférence de presse cette fois-ci animée par la propre progéniture de l’illustre disparu, avait vite fait de condamner avec la dernière énergie, cette audience présidentielle malsaine auprès de l’ennemi politique d’André Mba Obame. Les proches du défunt avaient qualifié cet acte d’une imposture caractérisée et inconcevable. Et que les tractations qui étaient au cœur de cet entretien qualifiées d’odieuses et de souillures à la mémoire honorable du défunt.

Brice Ndong revient sur cet épisode obérant la religion pris en flagrant délit de parjure politique. En effet, relève le journaliste dans son adresse satirique, l’autorité ecclésiastique du Gabon reste béant face aux injustices, aux crimes rituels, aux détournements criards en l’occurrence ceux des affidés du PDG et de Delta Synergie (Ndlr, holding de la famille Bongo Ondimba créée aux fins de pillage des actifs de l’économie gabonaise) perpétués au Gabon depuis plus de 47 ans par le parti au pouvoir. Face à ce constat patent, il invite Basile Mvé Engone à rejoindre officiellement le camp PDG et de démissionner de ses missions religieuses.

Nous vous livrons l’intégralité du propos de Brice Ndong qui ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encres au sein de l’opinion publique nationale et internationale :

L’heure est grave !! Monseigneur, ôtez votre costume ecclésiastique et allez-y chercher votre carte du Parti (PDG) !!!

Excellence,
En ce jour des commémorations de la journée internationale de la presse, je m’adresse à vous en tant que journaliste qui contrôle et fait l’opinion publique. Je sais aussi que vous connaissez l’importance des médias pour avoir travaillé au centre audio-visuel catholique de Libreville sous Monsieur l’Abbé Mboumba Bwassa Florent dans les années 1970. C’est un peu un communicateur qui s’adresse à un autre.

Je ne me fais aucune illusion sur le fait qu’aucun collectif de chrétiens catholiques n’osera vous dire ces vérités car il n’y a point de démocratie à l’Eglise. C’est de la pensée unique.

Monseigneur, l’heure est grave ! Voir tout un peuple composé à une large majorité de vos fidèles et laïcs vous retirer le droit de célébrer une messe d’adieu à un fervent chrétien qu’était André Mba Obame, c’est tout simplement surréaliste dans l’histoire de l’Eglise catholique du Gabon. En 30 ans d’épiscopat, c’est votre première et affligeante déculottée.

Votre farce du 29 avril qui consistait à conduire chez Ali Bongo une famille d’AMO collectée, vous a outrancièrement desservie. Tout le monde a compris que votre unique but était de démobiliser les populations afin qu’elles n’assistent pas massivement aux obsèques de leur Président élu. Votre grotesque mascarade a "lourdement" attenté à votre intégrité et honneur. Vous avez inconsciemment trusté l’estime que vos fidèles vous portaient. Comment s’étonner que dans les jours à venir, les églises du réveil et les mosquées se remplissent d’avantage de ces brebis déçus ?

Dans cette affaire de la famille collectée d’AMO à la Présidence de la République, il se raconte dans l’opinion qu’elle serait de "gros sous". Est-ce l’image que nous devrions retenir de vous ?

Ai-je besoin de vous rappeler que vous incarnez l’autorité morale qui doit nous enseigner le "comment vivre ensemble" heureux et digne ? Vous faites honte à tous vos fidèles et à la communauté Fang qui vous considérait comme un Patriarche." Wa lere bia Ossama ah Gnamoro !"

En journaliste averti, j’avais écrit ceci au second jour des obsèques à Libreville "Peuple Gabonais, laissez les francs-maçons faire leur rituel. AMO était leur frère". Il y en qui ont compris et d’autres non, mais j’avais tout dis. La suite est connue de tous. Votre geste a contribué d’avantage à souffler sur les braises. Ce peuple était suffisamment meurtri d’avoir perdu SA NOUVELLE ESPERANCE.

Puisse la vierge Marie, par nos prières, vous permettre encore d’avantage la grâce de la piété, du zèle apostolique et du courage pour DEMISSIONNER.

Monseigneur, j’appelle à votre DEMISSION parce que depuis 1990, date à laquelle vous avez présidé la conférence nationale, on se rend compte que vous ne servez que les intérêts du pouvoir Bongo et affidés. Vos agissements sont en faveur des plus riches et non des pauvres qui ont tant souffert des 47 ans du régime PDG. Vous gardez le silence devant autant d’injustices et atrocités de tout genre : Crimes rituels, crimes économiques, arrestations arbitraires, intimidations et menaces, assassinats, séquestrations des populations et des prêtres dans les Eglises etc...

Votre épiscopat est marqué par une très grande proximité avec le régime Bongo au détriment du peuple gabonais. Aux yeux de l’assemblée des fidèles dont vous êtes le pasteur, vous paraissez très loin du ciel et proche des pêchés terrestres.

Ceci étant dit, je ne vous demande pas d’adouber la théorie de la libération, mais de rester fidèle aux principes de justice et de paix pour maintenir la flamme des enseignements que vous donnez à la jeunesse.

Pourtant, vous avez conduit jusqu’à l’ordination sacerdotale et à la consécration à la vie de plusieurs jeunes âmes pour qu’ils se fassent apôtres dans leurs milieux. Que fait-on de la notion du référant ?

Monseigneur, que pensez-vous des autres évêques à travers le monde qui ont reçu dans la foi les mêmes enseignements que vous mais qui s’engagent véritablement pour défendre les peuples opprimés ? Je vous citerai le Sud-africain, Desmon Tutu et le Congolais Laurent Musswengo, originaire d’un pays (RDC) où vous aviez fait une partie de vos études (Lubumbashi) ?

Que faites-vous des appels incessants du Pape François 1er qui demande à l’Eglise catholique d’être proche des plus faibles ?

Vous donnez l’impression d’entretenir une curie réfractaire au changement et qui constitue un véritable obstacle à l’alternance politique au Gabon.
J’aimerai pour renchérir, vous rappeler deux faits majeurs qui se sont produits dans l’histoire de l’Eglise catholique universelle. Il y ’en d’autres, mais je me limiterai à ces deux.

Récemment, en février 2013, le Pape Benoit XVI, un évêque diocésain, qui pourtant avait la lourde continuité de son prédécesseur Jean Paul II, avait décidé de démissionner pour laver l’Eglise catholique des abîmes, en rien spirituels, dans lesquels l’Eglise est tombée : corruption, finances occultes, guerres fratricides, vol massif de documents...).

Autre fait marquant, souvenez-vous de ce qu’il advint du Pape Pie XII. L’autorité de ce pontife romain appelé Eugenio Pacelli avait basculé en 1962 lorsque l’on découvrit son silence froid face aux atrocités du nazisme. Le monde connu un drame si lourd : La Shoah lors de la seconde guerre mondiale.

Ce deuxième exemple de Pie XII est lourd de sens car, au regard des évènements du monde à l’époque de votre naissance en 1941 à Nkomelene (Oyem), en pleine 2ème guerre mondiale, ces évènements auraient pu vous influencer pour devenir un homme caractérisé par une plus grande capacité d’écoute des plus pauvres.

Vous-mêmes n’avez de cesse de dire je cite : "servir l’Eglise, c’est servir la Nation". Peut-on dire, sur le coup d’AMO, que vous avez servi la Nation ?

Votre politique comme celle de Pie XII à l’égard des persécutions du peuple gabonais est fondamentalement importante dans le sens où elle met la crédibilité de l’Eglise en jeu.

Monseigneur, si c’est trop vous demander, veuillez ENLEVER VOTRE COSTUME ECCLÉSIASTIQUE ET ALLEZ-Y CHERCHER VOTRE CARTE DU PARTI (PDG) ! Vous ne serez ni le premier, ni le dernier à accomplir cet acte de bravoure et réalisme en Afrique. Plus proche nous, au Cameroun, Monseigneur Victor Tonye Backot, Archevêque de Yaoundé a du poser sa démission le 29 juillet 2013 à la suite des forts soupçons de corruption qui pesaient sur lui. Alors......DÉMISSIONNEZ !!

Veuillez agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération.
Fait à Libreville le 4 Mai 2015
Brice Ndong,
Journaliste
IVLP 2010 du US Departement of State.
Tel :(241) 04 65 57 57 (Gabon).
Canada (438) 987 4213


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