Mutisme gouvernemental

Kidnapping de syndicalistes au Gabon : le curieux silence du ministère de l’Education nationale

Kidnapping de syndicalistes au Gabon : le curieux silence du ministère de l’Education nationale
Kidnapping de syndicalistes au Gabon : le curieux silence du ministère de l’Education nationale © 2024 D.R./Info241

Alors que deux syndicalistes gabonais, membres du ministère de l’Éducation nationale, ont été enlevés par des inconnus vendredi soir, c’est le silence de cathédrale côté gouvernement. La ministre de l’Éducation nationale, Camelia Ntoutoume Leclercq, et ses services n’ont même pas daigné manifester leur inquiétude ou du moins leur solidarité. Un silence qui en dit long sur la crispation du climat entre l’autorité de tutelle et les partenaires sociaux. A moins qu’il s’agisse d’un dédain pur et simple.

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Bien que retrouvés ce dimanche matin, Alain Mouagouadi (vice-président de la Dynamique Unitaire) et Thierry Nkoulou (conseiller du président) ont passé 48 heures sans que l’on ait de nouvelles d’eux. Une absence et une inquiétude qui n’ont visiblement pas gagné les rangs du gouvernement, resté de marbre face à cette disparition inquiétante, survenue quelques minutes après une audience des intéressés avec la ministre de la Fonction publique.

La ministre pointée du doigt

Le calme de marbre des autorités gouvernementales et du ministère de l’Éducation nationale, qui n’ont manifesté aucune empathie envers les syndicalistes, leur famille ou même leurs proches, surprend. Ce défaut de communication étonne alors que l’affaire faisait grand bruit et que l’inquiétude grandissait d’heure en heure. Pendant que la liberté syndicale est foulée dans notre pays, les ministres de l’Éducation nationale, de la Fonction publique ou encore celui du porte-parolat du gouvernement semblaient avoir mieux à faire de leur temps.

Un mépris qui a été relevé ce dimanche après-midi lors du point de presse de Dynamique unitaire, en présence des deux syndicalistes kidnappés par des inconnus qui les ont gardés pendant 48 heures dans un lieu méconnu de la capitale gabonaise. « On vient de rappeler ici que le délégué général de la Conasysed (Alain Mouagouadi, ndlr) a été enlevé à la veille d’une assemblée générale. L’objectif était d’empêcher la tenue de cette assemblée générale », s’est étonnée Armelle Yembi Yembi, conseillère du président de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed) et sénatrice de la transition.

« Pendant deux jours, on s’étonne de ce mépris affiché par les autorités de l’Éducation nationale, qui ne se sont même pas souciées de consulter le bureau de la Conasysed pour s’enquérir de la situation  », a déploré la syndicaliste. « Moi, je m’étonne de cette attitude que je condamne avec la dernière énergie  », a-t-elle conclu lors de sa courte intervention. Un message clairement destiné à Camelia Ntoutoume Leclercq, dont le mutisme n’est pas passé inaperçu. Surtout quand on sait désormais que les ravisseurs des deux syndicalistes, arrêtés depuis par les services de renseignements de la Présidence gabonaise, seraient des proches des autorités de la transition.

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