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Les médias gabonais abandonnés et maltraités : l’illusion du Dialogue national inclusif

Les médias gabonais abandonnés et maltraités : l’illusion du Dialogue national inclusif
Les médias gabonais abandonnés et maltraités : l’illusion du Dialogue national inclusif © 2024 D.R./Info241

Depuis la première conférence de presse tenue le samedi 13 avril 2024 au compte du Dialogue national inclusif, un grand nombre de représentants de la presse se voient contraints d’organiser eux-mêmes leur retour à domicile à leurs frais, alors qu’ils n’ont point reçu d’allocation pour leur transport, ni de véhicules pour mener à bien leur travail comme promis par le président de la Transition, le Général président Brice Clotaire Oligui Nguema en septembre dernier.

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Malgré l’ardeur des reporters, particulièrement ceux des médias indépendants, arborant leur présence éclatante au Stade de l’Amitié sino-gabonaise d’Angondjé, théâtre du Dialogue national inclusif, leur récompense se résume à une ultime injonction : se débrouiller pour regagner leurs foyers, lorsque les maigres moyens de transport cessent de circuler.

Pendant ce temps, le Président de la Transition distribue, Brice Clotaire Oligui Nguema, tel un souverain prodigue, des véhicules à foison, octroyant des largesses à maintes personnalités et aux innombrables administrations publiques, dont les résultats peinent à être à la hauteur des attentes du peuple gabonais. Le service public, réduit à la portion congrue, se noie dans les eaux troubles de l’absentéisme et de la bureaucratie, entraînant les usagers dans un labyrinthe administratif où les opportunités se dissipent comme des chimères malgré leurs dotations en moyens roulants.

Pourtant, celui qui réclame aujourd’hui la couverture médiatique de son Dialogue national inclusif, n’a jamais honoré sa parole en dotant chaque rédaction indépendante, dûment reconnue, de deux véhicules pour accomplir leur mission. Tout ceci avait été promis le 2 septembre 2023 au Palais du bord de mer, au lendemain du renversement du despote Ali Bongo Ondimba.

Toujours reléguée au second plan, la presse, pourtant considérée comme le quatrième pouvoir, offre une tribune à ce Dialogue national inclusif, dont certains concitoyens doutent de la sincérité. Mais on lui ordonne de se débrouiller pour rentrer chez elle, abandonnée à sa solitude. Pendant ce temps, murmure-t-on dans les coulisses du stade d’Angondjé, des délégués, venus des quatre coins du monde et du pays, se voient gratifiés de sommes rondelettes, sans compter leur hébergement dans des palaces luxueux. Tous ces avantages, ils les recevraient en guise d’apport initial, parfois le petit montant débute à 500 000 FCFA, avant d’engranger d’autres bénéfices chaque semaine.

Face à cet inique tableau de privilèges, que dire des journalistes à qui l’on demande toujours plus d’efforts ? Comment le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, peut-il feindre d’ignorer que, dans l’art de la gouvernance, la trilogie « un homme, une mission, des moyens » doit demeurer indissociable ? Dans de telles conditions, peut-on sérieusement espérer la présence constante des médias lors de conférences de presse s’étirant tard dans la nuit ? L’avenir seul détient les clefs de cette énigme déconcertante.

Roland Olouba Oyabi, journaliste multimédia et directeur de publication de Gabon Mail Infos.

 

 

@info241.com
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