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Vie des partis

Un haut cadre du PDG exclu du parti pour avoir évoqué « l’empêchement » d’Ali Bongo


Politique
  • Le militant déchu (droite) et Ali Bongo © 2019 D.R./Info241
Publié le 1er août 2019 à 22h36min

Au Gabon, il n’y a pas que les leaders syndicaux qui peuvent être inquiétés pour avoir évoqué la mort d’Ali Bongo ou du « cas d’empêchement » suite à la longue maladie qui l’accable depuis le 24 octobre dernier. Cette fois, c’est un militant et membre du bureau politique du parti au pouvoir, Ali Akbar Onanga Y’obegue, qui vient de se voir éjecté de son poste de député et exclu des rangs du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir depuis 1968). Une peine sans sommation pour cet ancien ministre notamment de la Fonction publique dont la gestion serait, elle aussi, décriée par les membres de la majorité au pouvoir.

Le redoutable Ali Akbar Onanga Y’obegue ne s’attendait certainement pas à une sanction aussi lourde. La commission permanente de discipline du PDG, présidée par Guy Benjamin Ndounou Mondo, a annoncé ce jeudi soir l’exclusion des rangs du parti du député du 1er siège du département de la Leconi-Lekori (Haut-Ogooué), Ali Akbar Onanga Y’obegue. La commission disciplinaire l’a ainsi condamné pour « atteinte à l’unité du parti et actes contraires à la probité ».

Le communiqué de sanctions du PDG

Le parti d’Ali Bongo reproche à cet ancien ministre viré dernièrement du gouvernement, ses propos sur l’empêchement du « Distingué camarade président » dont les folles rumeurs font état de son incapacité à demeurer à la tête du Gabon. En effet, selon le communiqué de sanctions, le parti en colère reproche à ce fervent militant d’avoir comme nombre d’opposants au régime, émis des doutes sur la santé d’Ali Bongo.

L’un des posts qui valent son exclusion du parti d’Ali Bongo

Le 29 juillet dernier en effet, Ali Akbar Onanga Y’obegue qui semble n’avoir toujours pas digéré son éviction du gouvernement, avait présenté sur sa page Facebook, Eric Dodo Bouguendza comme le dauphin naturel d’Ali Bongo lors de la visite de celui-ci dans sa circonscription politique. « Le Secrétaire général, en sa qualité statutaire de seul remplaçant du Distingué camarade en cas d’empêchement, et de gestionnaire du parti au quotidien, nous a délivré le message du Distingué Camarade Président que nous avons écouté religieusement et entendu », a-t-il avancé librement.

Des propos qui lui valent les foudres de son parti et de l’omniprésence du directeur de cabinet présidentiel, Brice Fargeon, qui a repris fortement des couleurs au sein du parti depuis la maladie d’Ali Bongo. Une guerre de clans donc que l’ancien militant du PDG paie lourdement dans cette course à la succession d’Ali Bongo qui ne dit pas son nom. Viré du parti au pouvoir et avec la perte de son immunité parlementaire, le militant déchu pourrait faire les frais de sa gestion ministérielle lourdement remise en cause par ses anciens amis.


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