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58 ans du PDG : Depuis son exil parisien, Ali Bongo tend la main et menace de tirer sur les « usurpateurs »

58 ans du PDG : Depuis son exil parisien, Ali Bongo tend la main et menace de tirer sur les « usurpateurs »
58 ans du PDG : Depuis son exil parisien, Ali Bongo tend la main et menace de tirer sur les « usurpateurs » © 2026 D.R./Info241

À l’occasion du 58e anniversaire du Parti démocratique gabonais (PDG) célébré le 12 mars, l’ancien chef de l’État et ancien président de ctte formation politique a adressé un long message à ses troupes. Bloqué dans la capitale française pour des raisons de visa pour l’Angleterre, Ali Bongo Ondimba tente de reprendre la main sur la formation politique fondée par son père en 1968 qui l’échappe depuis sa chute du pouvoir conduite par sa garde prétorienne.

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Ce discours fleuve de 5 pages a été rendu public ce jeudi via la page Facebook de son fidèle collaborateur, Ali Akbar Onanga Y’obegue, qui le présente comme la parole officielle du président déchu. Face au directoire provisoire actuellement dirigé par Blaise Louembé et Angélique Ngoma à Libreville, l’exilé adopte une stratégie ambivalente, mêlant appels à l’apaisement et lourdes menaces de représailles judiciaires pour contrer ce qu’il perçoit comme une trahison.

La fin du silence et le constat d’une trahison

Dans ce document, l’ancien dirigeant justifie d’abord son mutisme depuis la chute de son régime. « Depuis le 30 août 2023, j’ai observé le silence. Non par faiblesse. Non par renoncement. Non par abandon de mes responsabilités », écrit-il, expliquant avoir été privé de sa liberté de mouvement et placé en résidence surveillée. Il affirme reprendre aujourd’hui la parole « avec sérénité, avec fermeté, avec esprit de vérité, mais aussi avec confiance » pour dénoncer les manœuvres internes.

Les actions annoncées par Ali Bongo dans son message adressé aux militants du PDG :

Enjeux et thématiques Position et déclarations d’Ali Bongo Actions et conséquences annoncées
Légitimité à la tête du parti Il affirme être le président élu de la formation depuis 2009 et précise qu’il n’a jamais démissionné de ses fonctions. Il déclare « nuls et non avenus » tous les actes posés depuis le 7 mars 2024, ainsi que le congrès organisé le 30 janvier 2025.
Prise de contrôle du PDG Il dénonce la mise en place d’une direction provisoire autoproclamée, qualifiant cet acte de « coup de force » et d’ « entreprise de captation » . Une mise en demeure a été notifiée par huissier le 27 février à Libreville, exigeant l’arrêt de cette usurpation sous 15 jours.
Résolution de la crise interne Il tend la main aux dissidents, promettant qu’aucune exclusion a priori ni vengeance ne sera exercée en cas d’ouverture au dialogue. Si la main tendue est refusée, une plainte documentée sera déposée pour « usurpation de fonctions », « faux et usage de faux » et « abus de confiance ».
Avenir politique et réformes Il réitère sa décision prise le 18 septembre 2024 de ne plus briguer de mandat national et de se consacrer à la transmission. Il compte réformer les statuts du parti afin de permettre la désignation d’un candidat à l’élection présidentielle totalement indépendant de la présidence du parti.
Bilan électoral et rôle du PDG Il impute la défaite aux récentes élections législatives et locales à la direction illégitime qui a gravement affaibli le parti. Il exhorte les élus restés fidèles à s’organiser pour incarner une véritable force d’opposition structurée et indépendante face au pouvoir.
Situation personnelle et exil Il rappelle avoir été privé de sa liberté de mouvement depuis le 30 août 2023, situation qui l’avait initialement contraint au silence. Bloqué à l’étranger pour des soins, il exprime son espoir de pouvoir bientôt regagner le sol gabonais pour retrouver ses camarades.

L’offensive cible directement ceux qui ont pris le contrôle du siège du parti le 7 mars 2024. « Ce qui devait être une réflexion de réorganisation est devenu un coup de force. Ce qui devait être une mission de fidélité est devenu une entreprise de captation », assène-t-il sans détours. Il rejette formellement toute destitution et rappelle son élection incontestée lors du congrès de 2009 : « Je suis le Président élu du Parti démocratique gabonais (...). Je n’ai jamais démissionné de cette fonction ».

L’ultimatum judiciaire face aux nouveaux patrons du parti

Cette sortie médiatique s’accompagne d’un ultimatum juridique particulièrement strict. Le document révèle qu’une mise en demeure a été formellement notifiée aux dissidents le 27 février à Libreville par voie d’huissier. Faisant planer le spectre des tribunaux, Ali Bongo déclare nuls et non avenus tous les actes posés par la direction actuelle et le congrès du 30 janvier 2025, rappelant que « ce qui est nul demeure nul ».

Le discours attribué à Ali Bongo, publié par son fidèle

Le délai de 15 jours accordé aux usurpateurs se clôturant ce week-end, la riposte s’annonce implacable si les dissidents s’entêtent. « Si vous refusez encore cette main tendue, alors la voie judiciaire s’ouvrira », prévient-il, avant de détailler l’arsenal répressif. « La plainte est prête. Elle est documentée. Elle porte sur l’usurpation de fonctions, le faux et usage de faux, l’abus de confiance, l’association en vue de la prise illégale de contrôle d’une organisation », menace-t-il ouvertement.

Un nouveau rôle de patriarche en attendant le retour

Au-delà des invectives, l’exilé parisien tente de redéfinir sa ligne politique pour sortir le parti de sa position de second rôle, loin derrière l’Union pour la démocratie et le progrès du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema. Assurant ne plus chercher à briguer de mandat national depuis sa déclaration du 18 septembre 2024, il précise ses nouvelles intentions : « Je ne veux ni restaurer un passé figé, ni imposer une autorité personnelle contre la volonté des militants ». Il résume sa posture actuelle en une formule claire : « Ma volonté n’est plus de revenir au pouvoir d’État. (...) Mon temps est celui de la transmission, de l’accompagnement, du conseil et de la préparation de l’avenir ».

C’est finalement sur une note empreinte d’une profonde nostalgie que s’achève ce discours de 5 pages adressé aux cadres et aux militants. Conscient de son éloignement physique imposé par des soins médicaux et des soucis de visa, Ali Bongo confesse son désir tenace de regagner le pays. « Je veux vous dire que j’espère, et que je fais tout pour cela, pouvoir être bientôt de retour parmi vous, sur la terre gabonaise, au milieu des miens, au milieu de mes camarades », conclut-il, déterminé à peser de tout son poids sur la suite des événements.

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