Bilie-By-Nze en prison : Après 3 mois, ses avocats taclent une détention « politique » et une procédure bloquée
La défense hausse le ton dans un dossier devenu hautement politique. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 15 juillet à son cabinet de la Sablière, à Libreville, Me Thierry Nguia, membre du collectif d’avocats d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, a vivement contesté la procédure ayant conduit à l’incarcération de l’ancien Premier ministre. Placé sous mandat de dépôt depuis trois mois, le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) fait l’objet de poursuites que ses conseils jugent juridiquement fragiles et politiquement motivées.
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D’entrée, la défense a rappelé que son client est détenu depuis trois mois à la prison centrale de Libreville pour des faits qui, selon elle, seraient prescrits depuis plus de quinze ans s’ils étaient établis. Me Thierry Nguia a également soutenu que les faits reprochés ne caractériseraient, « en tout état de cause, aucune infraction pénale » . Malgré cela, a-t-il dénoncé, le juge d’instruction aurait choisi de placer Alain-Claude Bilie-By-Nze sous mandat de dépôt. La défense dénonce une entrave aux recours Les avocats de l’ancien chef du gouvernement affirment avoir interjeté appel contre l’ordonnance de placement en détention préventive, ainsi que contre le refus de mise en liberté provisoire. Mais selon Me Nguia, la procédure serait aujourd’hui bloquée par l’attitude du juge d’instruction, accusé de s’être dessaisi du dossier sans en conserver copie. Une situation qui, selon la défense, empêcherait la poursuite normale de l’information judiciaire.
L’intégralité de leur déclaration
« En prétendant ne posséder ni original ni copie du dossier, le juge d’instruction fait entrave au droit reconnu à tout justiciable d’exercer des droits de recours » , a déclaré l’avocat. Le dossier serait actuellement pendant devant la Cour de cassation depuis plusieurs semaines. Pour la défense, ce blocage porte atteinte au droit d’Alain-Claude Bilie-By-Nze à un procès équitable et à l’examen de sa cause dans un délai raisonnable. « Notre client est prisonnier politique » Au-delà des griefs procéduraux, le collectif d’avocats estime que la privation de liberté de l’ancien Premier ministre ne repose sur « aucune cause réelle et sérieuse » . Me Thierry Nguia a repris les termes de son client, qui considère sa détention comme « purement politique » . Il a même évoqué une interpellation vécue comme un « kidnapping » , affirmant que des éléments de la Direction générale des recherches, encagoulés et sans convocation préalable, l’auraient arrêté alors qu’il sortait de chez lui.
La défense lie directement les poursuites à plusieurs prises de position publiques d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Selon ses avocats, l’ancien Premier ministre serait visé parce qu’il a réclamé une commission « vérité, justice, réparation et réconciliation » , demandé davantage de transparence dans l’attribution des marchés publics, dénoncé la suspension des réseaux sociaux et critiqué certaines dispositions du nouveau code de la nationalité. « Notre client est prisonnier politique. Nous ne cessons de rien avant de l’affirmer. Il s’agit bel et bien d’un prisonnier politique » , a insisté Me Nguia. Un appel au respect de l’État de droit Tout en assumant la portée politique de la déclaration, les avocats disent se placer d’abord sur le terrain du droit. « En notre qualité d’avocat, nous ne sommes pas là pour défendre une opinion politique. Ce n’est pas notre rôle. Nous sommes là pour prêter notre robe et notre voix à notre client » , a déclaré Me Thierry Nguia. Pour lui, l’enjeu dépasse la personne d’Alain-Claude Bilie-By-Nze : il touche au respect de la défense, à la présomption d’innocence, au procès équitable et à la dignité des personnes privées de liberté.
La défense a également rappelé que « le droit ne s’arrête pas aux portes de la prison » . Elle appelle les autorités compétentes à veiller au respect de la Constitution, de la Charte des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Les avocats demandent que l’affaire soit examinée avec indépendance, impartialité et dans le strict respect de la loi.
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