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Ecole verte offerte : Le Gabon traine les pieds depuis 2 ans, Yohann Moussadji jette l’éponge

Ecole verte offerte : Le Gabon traine les pieds depuis 2 ans, Yohann Moussadji jette l’éponge
Ecole verte offerte : Le Gabon traine les pieds depuis 2 ans, Yohann Moussadji jette l’éponge © 2026 D.R./Info241

Alors que le Gabon manque cruellement d’école primaire dans la capitale et ses environs, les autorités rechignent toujours à valider une offre clé en main attribuée au Gabon lors d’un sommet panafricain à Dakar fin 2023. Il s’agit de la construction d’une école verte entièrement financée et équipée par l’ONG Global Green International Holding qui n’a toujours pas démarré. Plus de deux ans après l’annonce, le projet reste suspendu à une validation administrative, alimentant les doutes sur la capacité de l’État gabonais à transformer des engagements internationaux en réalisations concrètes, au moment où d’autres projets structurants demeurent également en attente.

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Le 25 novembre 2023, à Dakar, lors du 8e Sommet panafricain de l’Humanitaire et de l’Investissement, le Gabon avait été distingué avec le prix « School for Africa / École gratuite pour l’Afrique », un programme porté par Global Green International Holding. L’initiative promettait une infrastructure scolaire complète, livrée « clé en main » à un État africain. Cette distinction, obtenue grâce à l’implication de Yohann Emeryc Moussadji Nzamba, consultant en marketing international, devait ouvrir la voie à une coopération plus large.

Un blocage administratif malgré un donateur toujours disponible

Au 5 janvier 2026, rien n’a pourtant bougé. Selon les informations disponibles, le blocage ne proviendrait ni d’un manque de financement ni d’un retrait du donateur. Global Green International Holding aurait, au contraire, réaffirmé sa disponibilité à lancer le chantier, ce qui recentre la question sur la réactivité de l’État plutôt que sur la solidité du partenaire.

La cérémonie de novembre 2023

Le 14 novembre 2024, une correspondance officielle adressée à la présidence de la République aurait rappelé l’offre d’école gratuite, tout en élargissant le périmètre : l’entreprise proposait un accompagnement du Gabon dans un plan d’investissement sur dix ans, construit autour de mécanismes de garanties financières destinés à sécuriser des projets d’envergure. La logique avancée : lever les obstacles d’accès aux financements internationaux, malgré des capacités de remboursement existantes.

Un portefeuille d’investissements qui dépasse l’école

Derrière l’école, le portefeuille présenté s’inscrivait dans une vision plus globale : une « révolution verte » (industrialisation agricole), l’intégration de technologies liées aux énergies renouvelables et à des chaînes d’approvisionnement modernisées, des solutions de construction rapide et à coût réduit pour répondre à la crise du logement, ainsi qu’un projet de transport intelligent reposant sur des infrastructures électriques innovantes destinées à relier les principales villes du pays.

Le philanthrope donateur

Sur le papier, ces perspectives placeraient le Gabon dans une trajectoire de modernisation accélérée. Mais dans les faits, la première marche — l’école gratuite — reste à ce stade un chantier fantôme, faute d’un acte administratif qui, en théorie, ne devrait pas constituer un obstacle insurmontable.

Une formalité qui devient un test de crédibilité

Le projet demeurerait suspendu à une formalité : la confirmation officielle de l’acceptation du prix par les autorités gabonaises. Faute de cet acte, aucune pose de première pierre n’est possible. En filigrane, c’est un signal envoyé aux partenaires internationaux : même lorsque le financement est extérieur et que l’impact sur le Trésor public est nul, la machine administrative peut se gripper au point de neutraliser l’opportunité.

Ce dossier, présenté comme un symbole de coopération « gagnant-gagnant », devient ainsi un test politique et bureaucratique. Plus le temps passe, plus le risque grandit de voir l’initiative basculer vers des environnements jugés plus réactifs, laissant au Gabon l’image d’un pays qui manque une solution « clé en main » alors que les besoins en salles de classe, équipements et accès à une éducation de qualité restent criants.

« Engagement tenu, page tournée » : Yohann Moussadji se retire

Dans ce contexte, la sortie de Yohann Moussadji, parvenue ce dimanche 11 janvier à la rédaction d’Info241, sonne comme un désengagement assumé et un avertissement aux décideurs. Dans son message, il annonce qu’il met fin à son rôle de plaidoyer et se retire du suivi du dossier entre l’État gabonais et Global Green International Holding :

« Engagement tenu, page tournée : Depuis deux ans, j’ai multiplié les interventions dans la haute administration gabonaise et la presse nationale pour interpeller les plus hautes autorités du Gabon. Mon objectif était clair : concrétiser le partenariat avec Global Green International Holdings pour la mise en œuvre du projet School for Africa sur notre sol. Aujourd’hui, mon devoir de plaidoyer prend fin. Tout en réaffirmant que le prix School for Africa demeure ma propriété exclusive, je prends définitivement congé du suivi de ce dossier entre l’État gabonais et Global Green International Holdings. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Mon regard, lui, se tourne vers de nouveaux horizons mondiaux.
Yohann Moussadji — 2023 School for Africa Winner for the Republic of Gabon.
 »

Yohann Moussadji

En se retirant, le consultant déplace la responsabilité au sommet de l’État : soit l’administration acte officiellement l’acceptation et enclenche la mécanique, soit le projet continuera d’illustrer, aux yeux des partenaires, l’écart entre annonces, distinctions et exécution. Pour le Gabon, la question est désormais moins diplomatique que pratique : faut-il encore longtemps pour signer une acceptation, quand le pays revendique précisément une rupture avec l’inertie d’hier.

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