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Le journalisme au Gabon, un métier noble marginalisé et précarisé par la politique

Le journalisme au Gabon, un métier noble marginalisé et précarisé par la politique
Le journalisme au Gabon, un métier noble marginalisé et précarisé par la politique © 2021 D.R./Info241

Décrit comme le quatrième pouvoir, le journalisme au Gabon est confronté depuis des années à une forme de marginalisation. Une situation qui malheureusement donne le champ à des dérives qui généralement ternissent l’image d’un métier considéré comme noble.

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Il est aisé de croire que le journaliste est une sorte de faire valoir qui prête sa plume au gré des humeurs d’un camp ou l’autre. Pourtant beaucoup semblent ignorer que la démocratie est tributaire du journalisme et de ce fait, elle occupe une place importante dans la vie de la nation. Bien que l’on peut accuser les journalistes de tous les péchés du monde, avec des qualificatifs désobligeants tels que « journaliste alimentaire » ou « griot », il serait judicieux avant toute chose de comprendre le rôle de celui-ci dans la société.

Un métier de salubrité publique

Ainsi, dans un Etat démocratique, le journaliste s’assure de porter à l’attention du grand public des informations, tout en respectant un certain nombre de règles qui concourt à expliquer des faits le plus clairement possible. Son activité consiste à recueillir, vérifier ou commenter une information donnée. Un travail qui pour le commun des mortels semble aisé mais qui nécessite une grande rigueur et des heures entières pour produire une œuvre journalistique des plus acceptables.

Arguant très souvent que certains membres de la corporation se sont mués au fil du temps en mercenaire de la plume. S’asseyant ainsi sur l’éthique et la déontologie du vrai journalisme. La société dans son entièreté a vite fait de juger que le journaliste gabonais est la marionnette dont on peut se servir pour défendre ses intérêts. Au premier rang les personnalités politiques qui pensent très souvent s’offrir les services de quelques brebis égarées pour régler leur compte, montrant ainsi une forme de mépris à l’égard d’une corporation qui pourtant ne devrait pas être instrumentalisée.

Instrumentalisation et marginalisation

Au-delà de ce constat, nous comprenons donc que la marginalisation dont fait l’objet les journalistes gabonais est volontaire. Cela pour garder toujours en sous-main le contrôle sur un pouvoir qui peut s’avérer néfaste à certain. D’ailleurs cette marginalisation a pour conséquence d’installer une forme de mendicité des journalistes. Dans cet imbroglio, on constate avec tristesse des dérapages et autres manquements. Pourtant, personne ne se demande qu’est ce qui peut pousser le journaliste à sortir du droit chemin. On a vite fait de porter des jugements en oubliant que ces derniers sont soumis à des pressions multiformes, intimidations, arrestations, paupérisation etc.

Au demeurant, il faudrait rappeler à l’opinion sinon aux gouvernants que le journaliste est l’avant-garde, sinon la pierre angulaire d’une société. Il est celui qui par ses écrits alerte, dénonce, interroge le citoyen. Toujours en première ligne et très souvent première victime. Il fait les frais des pires sévices. Faut-il rappeler que la liberté de la presse n’est autre que la liberté d’entreprendre, de dire, d’écrire, de montrer et le droit de ne pas être inquiété ni menacé dans son intégrité physique ou morale dans l’exercice de ses fonctions. Ce, enfin que la société puisse avoir de l’estime pour ce maillon important dans la vie d’une nation. Car une société sans presse, c’est comme un miroir teint en noir. On ne peut voir ses imperfections et les corriger.

Faut-il attendre que la nouvelle Haute autorité de la communication (HAC) liberticide de la communication fasse encore des victimes pour que la société, les personnalités politiques daignent venir verser quelques larmes compatissantes sur l’autel du sacrifice des journalistes. Nous disons non. Car quand le destin a donné la chance de porter la parole, il est clair que le sacerdoce ne s’arrêtera pas en si bon chemin. en espérant qu’on nous montre un tant soit peu le respect qui nous est dû.

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