Bendjé : Les agents du Conseil départemental en grève, réclament 5 mois d’arriérés de salaire
Le mouvement social s’est durci au Conseil départemental de Bendjé (CDB) depuis ce lundi 16 février, après l’expiration d’un préavis déposé par la Confédération nationale des syndicats du Gabon (CNSG) le 30 janvier. En toile de fond, les agents dénoncent des retards de salaires prolongés, une baisse de leurs revenus et la suppression de plusieurs avantages sociaux. Le syndicat affirme avoir épuisé les voies de recours avant d’enclencher la grève générale illimitée. Les salariés, eux, disent ne plus pouvoir faire face à leurs charges quotidiennes.
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Selon les éléments avancés par les représentants du personnel, la crise s’est installée depuis plusieurs mois, avec des arriérés portant notamment sur la période d’octobre 2025 à janvier 2026. Une assemblée générale extraordinaire s’était tenue ce 26 janvier pour statuer sur la situation et acter la reprise du mouvement suspendu l’année précédente. Les agents affirment que les discussions internes n’ont pas permis de débloquer les paiements attendus. La CNSG a donc maintenu une ligne de fermeté jusqu’à satisfaction complète des revendications.
Salaires impayés, primes amputées et prise en charge médicale supprimée
Sur le terrain, les grévistes se sont mobilisés dès les premières heures, avec rassemblements et actions visibles devant leur administration. Ils réclament le paiement de cinq mois de salaires, le rétablissement des montants retranchés et la réparation du préjudice moral subi. Ils dénoncent aussi la suppression de primes, dont une prime spéciale équivalente à 30 % du salaire selon leurs déclarations. À cela s’ajoutent, d’après eux, la disparition de certains acquis sociaux et la dégradation de leurs conditions de vie.
Une vue des lieux
Un agent mobilisé, Audrann-Loïc Onouviet, résume la gravité de la situation en ces termes : « Nous sommes dans un mouvement de grève illimitée occasionné par le non-paiement de nos salaires il y a cinq mois, et des primes retirées depuis deux ans, dont la prime spéciale qui est l’équivalent de 30 % de nos salaires. Nous avons également perdu des avantages, dont la prise en charge médicale et l’arbre de Noël. » Il ajoute : « Nous vivons de la débrouillardise ; nombreux d’entre nous ont été chassés des maisons qu’ils louaient. » Pour les grévistes, l’urgence est désormais autant sociale que salariale.
Les revendications structurées autour de la grille 2015
Dans leur plateforme, les agents exigent l’arrimage des salaires à la grille de la Fonction publique du 20 août 2015. Ils demandent également l’harmonisation des primes selon les fonctions réellement occupées et la revalorisation des frais pharmaceutiques à 200 000 FCFA. Autre point central : le rétablissement de la prise en charge médicale des agents, présentée comme indispensable au regard des difficultés sanitaires évoquées. Le syndicat demande enfin la restitution des sommes jugées indûment prélevées.
Les agents sur le piquet de grève
La CNSG fonde sa démarche sur les dispositions du Code du travail gabonais qu’elle estime applicables au dossier. Son premier secrétaire national, Firmin Nzengui Massala, insiste sur la portée du mouvement : « C’est une grève illimitée jusqu’à satisfaction totale des revendications. » Dans le même temps, il appelle à une médiation des plus hautes autorités pour sortir de l’impasse. « Ce n’est pas la crise de l’actuelle présidente du CDB ; nous en appelons à l’intervention des plus hautes autorités du pays », soutient-il.
Appel à une sortie de crise rapide et encadrée
Au-delà des slogans, les salariés demandent l’ouverture d’un cadre formel de négociation pour traiter ce différend collectif. Ils souhaitent un mécanisme clair, daté et vérifiable, afin d’éviter un enlisement qui fragilise davantage les agents et le fonctionnement du service public local. Le climat social reste tendu, et la reprise dépendra d’engagements concrets sur les paiements et les mesures correctrices. À ce stade, aucune annonce de règlement définitif n’a encore été communiquée.
Pour les observateurs locaux, l’issue du conflit dépendra de la capacité des parties à établir un compromis équilibré entre contraintes budgétaires et obligations légales de l’employeur. Mais pour les grévistes, la priorité est immédiate : recouvrer les salaires dus et restaurer les droits sociaux suspendus. Sans avancée tangible, la CNSG promet de maintenir la pression. Le dossier de Bendjé s’installe ainsi comme l’un des fronts sociaux les plus sensibles de ce début d’année.
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