Libreville, le jeudi 19 mars 2026
13e ANNÉE
Info241.com
Le média qui démocratise l’actualité gabonaise et africaine
--°C

Suspension des réseaux sociaux
au Gabon

0 jours
00 heures
00 minutes
00 secondes

Depuis la décision
de la HAC

Realpolitik

Diplomatie : Oligui Nguema salue la 5e réélection d’un Sassou Nguesso, recordman de la longévité au pouvoir

Diplomatie : Oligui Nguema salue la 5e réélection d’un Sassou Nguesso, recordman de la longévité au pouvoir
Diplomatie : Oligui Nguema salue la 5e réélection d’un Sassou Nguesso, recordman de la longévité au pouvoir © 2026 D.R./Info241

L’axe Libreville-Brazzaville ne souffre d’aucune remise en question, pas même celle de l’usure abyssale du pouvoir. Ce mercredi soir, sur les antennes de la télévision publique gabonaise, la présidence de la République gabonais a déployé le grand tapis rouge diplomatique pour adresser les « chaleureuses et fraternelles félicitations » du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, à son homologue congolais moins de 24h après l’annonce des résultats. Le motif de ces effusions télévisées ? La réélection, sans la moindre surprise pour les observateurs avertis, de Denis Sassou Nguesso pour un cinquième mandat consécutif à la tête du Congo.

Moov Africa

-

Cette nouvelle victoire électorale vient s’ajouter à un palmarès politique d’une longévité vertigineuse, frôlant les records mondiaux. L’inamovible patriarche de Brazzaville cumule en effet plus de quarante années d’exercice du pouvoir suprême. D’abord chef de l’État sous le régime du parti unique de 1979 à 1992, il a repris les rênes du pays par les armes en 1997 à l’issue d’une guerre civile, avant d’enchaîner les triomphes ininterrompus aux urnes en 2002, 2009, 2016, 2021 et désormais 2026. Un règne marathonien qui fait de lui l’un des doyens incontestés des chefs d’État en exercice sur la planète.

Le paradoxe de la « maturité démocratique »

Faisant fi des critiques récurrentes sur ce bail "démocratique", le communiqué officiel gabonais a choisi d’encenser le scrutin congolais sans la moindre nuance. Libreville y voit l’expression d’un « choix souverain du peuple congolais » qui traduirait une confiance sans cesse renouvelée en la vision de son dirigeant. Plus audacieux encore, le président gabonais a tenu à saluer la « maturité démocratique du peuple congolais » ainsi que la consolidation de ses acquis politiques. Une lecture pour le moins bienveillante, émanant d’un Gabon qui a pourtant mis fin grâce au nouvel homme fort de Libreville, le 30 aout 2023, à un demi-siècle de règne dynastique de la famille Bongo sur son propre sol.

Les deux chefs amis

Derrière la rhétorique lissée des compliments d’usage se cache évidemment la stricte realpolitik de la sous-région. Le numéro un gabonais a réaffirmé son attachement aux valeurs de paix, de dialogue et de respect des institutions, présentées comme le socle indispensable pour bâtir une Afrique centrale forte et prospère. La préservation de la stabilité politique du voisinage immédiat prime manifestement sur le principe d’alternance au sommet de l’État, dans un espace géographique souvent en proie aux turbulences et aux crises sécuritaires.

La realpolitik au service de l’axe bilatéral

Dans ce contexte sous-régional fragile, Brice Clotaire Oligui Nguema a exprimé sa ferme volonté de renforcer les liens « historiques, fraternels et stratégiques » unissant les deux nations. Il s’est dit déterminé à œuvrer aux côtés de son aîné pour intensifier la coopération bilatérale. Cet axe de travail commun ciblera prioritairement les volets économiques, sécuritaires et environnementaux, des domaines jugés essentiels à l’équilibre du bassin du Congo et à la souveraineté stratégique des deux pays frontaliers.

En définitive, la diplomatie a ses raisons que le renouveau démocratique ignore très souvent. Le communiqué s’est achevé sur des vœux de plein succès adressés au président congolais pour ce nouveau quinquennat, censé œuvrer au bien-être de ses concitoyens. Le chef de l’État gabonais a ainsi renouvelé son engagement à travailler de concert avec Denis Sassou Nguesso pour une Afrique centrale unie. Une sous-région qui se proclame dans les discours officiels « résolument tournée vers l’avenir », tout en s’accommodant paradoxalement à merveille de ses indéboulonnables figures du passé.

@info241.com
Moov Africa

Newsletter d'Info241

Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !


-

Commenter l'article