Gabon : Le VPN, l’arme fatale des internautes pour faire échec à la suspension des réseaux sociaux
La décision de la Haute autorité de la communication (HAC) du 17 février - soutenue par le gouvernement gabonais et le président Brice Clotaire Olui Nguema lui-même - de suspendre des plateformes majeures comme Facebook, TikTok et YouTube a réveillé la créativité numérique au Gabon. Face à cette restriction, les internautes ont massivement dégainé une parade technologique redoutable : le Virtual private network (VPN) permettant de changer sa localisation pour contourner les restrictions.
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Depuis la mise en application de la suspension ce mercredi, l’ingéniosité gabonaise tourne à plein régime pour contrer la mesure jugée radicale des autorités. Le VPN, ou Réseau privé virtuel, offre un libre accès à la navigation, permettant de contourner efficacement le blocage instauré par le gendarme de la communication au nom de la "cohésion sociale" et de son bras de fer notamment contre Meta.
Une ruse qui masque les adresses IP
Disponible facilement via diverses applications de téléchargement et des navigateurs tels qu’Opéra, cet outil agit comme un bouclier numérique. Le VPN sécurise la connexion internet de l’utilisateur en créant un tunnel chiffré entre l’appareil connecté et un serveur distant. Résultat : l’adresse IP et les activités en ligne sont totalement masquées.
Quelques VPN disponibles sur Android
Face à cette parade technologique, la décision de la HAC se retrouve largement limitée, s’apparentant à un véritable coup d’épée dans l’eau, indique le quotidien pro-gouvernemental L’Union ce vendredi. Comme le souligne l’adage, « À malin, malin et demi » : l’autorité de régulation se heurte à la « ruse supérieure » mise en application par les internautes.
Un contournement généralisé, même au sommet de l’État
Ce qui constitue un véritable caillou dans la chaussure de la HAC, c’est l’ampleur et la nature des utilisateurs de ces VPN. Depuis le mercredi ayant suivi la restriction, il n’y a pas que les simples citoyens qui recourent à cette méthode, souligne encore L’Union.
Un internaute se payant la tête de la situation
Des personnalités politiques ainsi que des acteurs de la société civile maintiennent leur présence en ligne. Plus surprenant encore, les pages de certains ministères et d’autres institutions publiques demeurent actives et parfaitement visibles sur ces mêmes réseaux sociaux pourtant interdits. A force de restriction, les autorités ont finalement par étendre l’usage des VPN utilisés à travers le monde pour contourner les censures des Etats dits autoritaires.
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