National Foot : la Linaf reporte à mars, le lancement d’une saison sportive déjà fortement grippée
Initialement programmé pour le 24 janvier, puis repoussé une première fois au 21 février, le Championnat national gabonais de football de prmière et 2e division (National Foot 1 et 2) est à nouveau décalé. La Ligue nationale de football professionnel (Linafp) a fixé ce mardi 10 février, le coup d’envoi au 14 mars en attendant la finalisation de deux dossiers jugés prioritaires : la désignation d’un diffuseur officiel et celle d’un équipementier unique pour l’ensemble des clubs engagés.
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Sur le papier, la décision est présentée comme un ajustement organisationnel. Sur le terrain, elle est vécue comme un coup de plus porté à une communauté sportive déjà fragilisée depuis le mois de septembre, date de la reprise initiale. Pour les footballeurs, ce troisième report sonne comme la prolongation d’une attente devenue usante, dans un contexte où les incertitudes financières et structurelles pèsent depuis des mois sur la reprise.
Des joueurs bloqués dans l’entre-deux
Les premiers touchés sont les joueurs. Sans date stable, la préparation physique se fait à l’aveugle, entre montées en charge interrompues, baisse de rythme imposée et risque accru de blessures au moment de la reprise effective. À cette contrainte sportive s’ajoute la pression sociale : pour de nombreux professionnels, le championnat n’est pas seulement une compétition, c’est aussi la principale source de revenus et de visibilité.
Les footballeurs contraints à l’attente avant de reprendre le chemin des pelouses
Ce troisième renvoi prolonge donc une période de flottement qui affecte directement les carrières. Les plus jeunes voient leur progression freinée. Les cadres, eux, doivent gérer l’usure mentale d’une saison annoncée puis repoussée à répétition.
Clubs sous tension, encadrements en mode survie
Côté clubs, l’équation devient de plus en plus difficile : maintenir des groupes mobilisés sans perspective immédiate, absorber des coûts fixes sans recettes de compétition, conserver des staffs dans un environnement incertain. Le report au 14 mars 2026 est censé offrir un délai pour verrouiller l’organisation ; il confirme aussi, en creux, que l’ossature de la saison n’était pas prête.
Pour les encadrements techniques, la marge de manœuvre se réduit. Programmer des cycles d’entraînement cohérents, calibrer la charge de travail ou planifier les objectifs sportifs suppose une visibilité minimale. Or, cette visibilité manque, et l’improvisation finit par devenir la règle.
Une crédibilité qui s’effrite à chaque décalage
Le problème dépasse désormais le simple calendrier. À force de reports, c’est la crédibilité du National Foot qui se fragilise : auprès des joueurs, des supporters, des partenaires et des observateurs. Un championnat professionnel qui peine à lancer sa saison renvoie l’image d’un système sans stabilité opérationnelle.
La Linafp affirme vouloir sécuriser les derniers paramètres avant le démarrage. Mais pour les acteurs de terrain, l’enjeu n’est plus seulement d’annoncer une date ; il est de la tenir. Car un troisième report, surtout après ceux des 24 janvier et 21 février, installe l’idée que toute nouvelle échéance peut encore être remise en cause.
Le 14 mars 2026, date test pour tout l’écosystème
Le 14 mars 2026 apparaît désormais comme une date test. Si la reprise est effective, elle pourra marquer une sortie partielle de la zone d’instabilité. Si un nouveau glissement survient, la rupture de confiance pourrait devenir durable.
Au grand dam des footballeurs, cette saison qui refuse de démarrer rappelle une évidence : sans cadre financier lisible, sans décisions prises en amont et sans gouvernance prévisible, le football gabonais reste suspendu aux annonces de dernière minute. Et ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix sportif, économique et humain.
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