Près d’un mois derrière les barreaux : Alain-Claude Bilie-By-Nze libre ce vendredi... ou pas !
L’attente est à son comble pour l’ancien Premier ministre gabonais et ses soutiens. Incarcéré à la prison centrale de Libreville depuis le 15 avril dernier, Alain-Claude Bilie-By-Nze boucle près d’un mois de détention préventive. Ce vendredi 15 mai s’annonce comme une date charnière pour le leader politique : la chambre d’accusation du parquet de Libreville rendra son délibéré concernant sa très attendue demande de mise en liberté provisoire, laissant planer un lourd suspense sur son avenir immédiat.
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Ce verdict fait suite à l’audience cruciale qui s’est tenue ce mardi 12 mai. Face aux magistrats de la juridiction de recours, le redoutable pool d’avocats de la défense, constitué de maîtres Gisèle Eyue Bekale, Jean-Paul Moubembe, Sarah Ognyane et Karelle Obame, a bataillé ferme. Les conseils ont exigé l’annulation pure et simple du mandat de dépôt délivré à l’encontre de leur client, tout en contestant vigoureusement le précédent rejet de sa demande de remise en liberté.
Une mobilisation politique intacte face à de vieux fantômes
Dans l’arène politique, les partisans de l’ancien chef du gouvernement ne cachent pas leur impatience. La formation politique qu’il a fondée, Ensemble pour le Gabon (EPG), maintient une pression constante sur l’appareil judiciaire. À l’issue de l’audience de mardi, le parti a réaffirmé demeurer « pleinement mobilisé » dans cette épreuve, exigeant la libération sans condition de son président et espérant une décision « conforme au droit, à l’équité et aux principes fondamentaux d’un procès équitable ».
Cette bataille judiciaire spectaculaire trouve paradoxalement sa source dans un dossier vieux de dix-sept ans. Alain-Claude Bilie-By-Nze a été interpellé manu militari devant sa résidence par les agents de la Direction générale des recherches (DGR) pour une présumée escroquerie remontant à 2008. Le nœud du problème ? Une contribution de cinq millions de francs CFA perçue auprès d’une citoyenne, Baba Ramatou, dans le cadre de l’organisation de l’ancienne fête nationale des cultures.
Le suspense de la chambre d’accusation
À l’époque, cet événement étatique était menacé d’annulation faute de budget, poussant plusieurs cadres à mettre la main à la poche en attendant un hypothétique déblocage des fonds publics. Alain-Claude Bilie-By-Nze lui-même s’était délesté de trois millions de francs CFA pour sauver les festivités. Cependant, lasse de n’avoir jamais été remboursée par le comité d’organisation près de deux décennies plus tard, Baba Ramatou a finalement actionné la justice, déclenchant la foudre pénale sur l’opposant.
La question est désormais sur toutes les lèvres à Libreville : ce vendredi 15 mai marquera-t-il la fin du séjour carcéral du président d’EPG ou le prolongera-t-il indéfiniment ? Si la défense estime avoir fourni suffisamment de garanties de représentation pour arracher un élargissement, les magistrats demeurent les seuls maîtres du jeu. Entre un retour à la vie civile sous contrôle judiciaire et un maintien pur et simple dans l’obscurité de sa cellule, les prochaines heures s’annoncent hautement décisives.
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