Bilie-By-Nze incarcéré : La défense de l’ancien Premier ministre rejette le grief d’abus de confiance
L’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale de Libreville ce jeudi 17 avril . Arrivé 2e de la dernière présidentielle gabonaise avec 3% des voix derrière Brice Clotaire Oligui Nguema, l’homme politique est poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, selon les déclarations du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo. Une version contredite ce vendredi par la défense qui s’est confié à nos confrères Le Confidentiel.
-
Les circonstances de son interpellation ont été détaillées par son conseil, Me Sarah Ognyane. L’avocat indique que son client a été appréhendé dans son véhicule par des éléments de la Direction générale de recherches (DGR), dont certains n’étaient pas identifiés et portaient des cagoules. À la suite de cette arrestation, la défense, constituée de Me Ognyane et de Me Moumbembé, a pu s’entretenir avec l’ancien chef du gouvernement pendant une heure et dix minutes dans les locaux de la DGR, sur instruction du parquet.
Une collecte de fonds datant de 2008
Le dossier s’articule autour d’un différend financier remontant à l’année 2008, en lien avec l’organisation de la Fête des cultures. À cette période, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’occupait pas encore de fonctions ministérielles et agissait en qualité de président du comité d’organisation de cet événement. Le litige l’oppose à Madame Baba Ramatou, à l’époque militante au sein de la même formation politique dirigée par Paul Mba Abessole.
L’avocat de l’opposant incarcéré
D’après les explications de la défense, le financement de cet événement reposait sur des contributions collectives. Alain-Claude Bilie-By-Nze y a participé à hauteur de trois millions de francs CFA, tandis que Madame Baba Ramatou a versé cinq millions de francs CFA. En sa qualité de président du comité, le mis en cause a signé un document accusant réception de cette somme de cinq millions. Les avocats soulignent que les fonds ont été alloués à l’organisation de l’événement et n’ont pas été détournés à des fins personnelles.
Désaccord sur la nature des versements ultérieurs
L’instruction porte également sur des transactions financières survenues les années suivantes. La défense affirme que la plaignante a ultérieurement sollicité l’aide financière de l’ancien Premier ministre en raison de difficultés personnelles. Ce dernier lui aurait alors versé ponctuellement différentes sommes, pour un montant total évalué à 7 500 000 francs CFA. Lors des auditions, la plaignante a reconnu avoir perçu ces versements, mais a affirmé qu’ils constituaient les intérêts de sa contribution initiale de cinq millions de francs CFA.
Face à ces éléments de l’enquête, Me Sarah Ognyane conteste formellement la qualification pénale retenue par le parquet. L’avocat soutient que le dossier relève exclusivement du droit civil. « Pour nous, la défense, il n’y a pas d’infraction pénale. S’il y a un litige, il est purement civil et porte sur une créance de 5 millions de francs CFA au sein d’une association ou d’un comité », a-t-elle déclaré. Jugeant le placement sous mandat de dépôt disproportionné, la défense précise que son client reste serein et continue de répondre avec précision aux questions des enquêteurs.
@info241.com
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
-


