Marée noire à Setté Cama : La société civile gabonaise crie au désastre écologique et exige des sanctions
Un désastre environnemental d’une ampleur effroyable frappe actuellement l’un des joyaux de la biodiversité gabonaise près de Gamba (Ogooué-maritime). Ce vendredi 27 février, les organisations non gouvernementales ROLBG et IBONGA, actives sur le site de Setté Cama, ont lancé un cri d’alarme poignant suite à une pollution pétrolière massive via un communiqué à Info241. Cette catastrophe a été provoquée par la rupture d’un pipeline deux jours auparavant de TotalEnergies, entraînant un déversement incontrôlé de brut qui menace directement les écosystèmes fragiles de cette zone hautement protégée.
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Sur le terrain, les équipes déployées décrivent une situation littéralement apocalyptique. La nappe d’hydrocarbures s’étend inexorablement, souillant à la fois les eaux et les sols, avec un impact d’ores et déjà jugé critique et extrêmement dangereux pour la faune et la flore locales. Au-delà du drame naturel, cette fuite paralyse complètement les activités économiques vitales de la région, telles que la pêche, l’agriculture et le tourisme, plongeant les communautés riveraines dans une précarité accrue et immédiate.
L’application stricte du principe pollueur-payeur exigée
Soutenues par le Vénérable Georges Mpaga, les organisations interpellent fermement les autorités gouvernementales et parlementaires pour exiger une transparence totale sur les circonstances de ce drame. Elles réclament notamment la publication immédiate des rapports techniques concernant l’état et l’intégrité des infrastructures pétrolières présentes dans la zone. Le message des activistes est clair : l’application stricte du principe pollueur-payeur doit prévaloir, obligeant l’entreprise responsable à assumer l’intégralité des coûts de confinement, de nettoyage et de réhabilitation écologique.
Une autre vue de la pollution présumée
Afin d’évaluer l’étendue réelle et objective des dégâts, la société civile exige l’intervention urgente de cabinets internationaux indépendants et impartiaux, chargés de produire un bilan sanitaire et écologique complet sous un délai strict de trente jours. Parallèlement à la mise en sécurité du site pour stopper la fuite, la création d’un fonds d’urgence est réclamée pour indemniser de manière juste et rapide les pêcheurs, agriculteurs et autres acteurs économiques impactés, sans oublier la nécessaire prise en charge médicale des populations exposées.
Une commission de surveillance citoyenne pour garantir la transparence
Pour s’assurer que ces revendications ne restent pas lettre morte face à l’urgence, les défenseurs de l’environnement demandent la mise en place immédiate d’une Commission mixte de suivi et de vigilance citoyenne. Cette entité de contrôle regrouperait des représentants de la société civile, des élus locaux et parlementaires, des experts techniques indépendants ainsi que des membres des communautés directement touchées. Sa mission principale consisterait à superviser de bout en bout les opérations de dépollution et à garantir une totale transparence dans l’utilisation des fonds alloués.
Déterminés à obtenir réparation pour ce préjudice incommensurable infligé à l’État gabonais, les lanceurs d’alerte refusent toute compromission. Dans leur adresse aux autorités, ils préviennent avec une extrême gravité : « La situation est écologiquement intenable. Nous ne laisserons pas cette agression contre notre patrimoine naturel sans réponse. Chaque partie doit désormais prendre ses responsabilités devant l’histoire, devant les générations présentes et futures » . L’heure est désormais à l’action immédiate pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être sur les rives de Setté Cama.
@info241.com
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