Gabon : Accusée de vendre du manioc aux excréments, une commerçante finalement blanchie par la justice
Malgré l’emballement autour de cette affaire, le Tribunal de première instance de Mouila (Ngounié, sud du Gabon) a rendu ce jeudi 4 juin son verdict dans l’une des affaires les plus sordides et commentées de ces dernières semaines. Poursuivie par le ministère public pour pratique présumée de sorcellerie et trouble à l’ordre public, Valentine Ngombo, la désormais tristement célèbre commerçante de Lébamba, a été purement et simplement relaxée par la juridiction.
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L’audience tant attendue s’est tenue conformément au calendrier judiciaire établi. À l’issue de débats particulièrement scrutés par l’opinion publique, les magistrats ont estimé que les éléments de preuve présentés à la barre étaient largement insuffisants. Le tribunal a ainsi conclu qu’aucune charge solide ne permettait de retenir la culpabilité de la prévenue, prononçant de fait son acquittement et sa remise en liberté.
Des réquisitions sévères balayées par les magistrats
Cette décision judiciaire sonne comme un véritable camouflet pour le parquet. Lors de ses réquisitions, le procureur de la République n’avait pourtant pas fait dans la dentelle pour réclamer une sanction exemplaire. Le ministère public avait fermement exigé une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux années fermes, assortie d’une amende pécuniaire de 100 000 francs CFA et d’une interdiction formelle d’exercer toute activité commerciale pendant un an.
Le palais de justice de Mouila qui a tranché l’affaire
Des sanctions lourdes que la cour a finalement décidé d’écarter après un examen minutieux du dossier et des différentes pièces versées à la procédure. Pour la défense de cette commerçante, qui exerce paisiblement son activité dans la localité depuis une quinzaine d’années, c’est un soulagement immense qui vient mettre un terme à un véritable lynchage populaire.
Le mystère du corps étranger reste entier
Pour rappel, cette affaire rocambolesque avait éclaté le 14 mai dernier. Le scandale avait pris racine au marché de Lébamba lorsqu’une restauratrice locale avait fait une découverte pour le moins écœurante. À l’intérieur d’un bâton de manioc fraîchement acheté sur l’étal de Valentine Ngombo, la cliente outrée était tombée sur un corps étranger, rapidement identifié par la rumeur publique comme des matières fécales.
La découverte de ces excréments avait immédiatement enflammé les conversations, orientant très vite les accusations vers des pratiques mystico-fétichistes censées attirer et fidéliser la clientèle. Si le verdict rendu ce jeudi à Mouila disculpe totalement la vendeuse sur le plan pénal, le mystère entourant la présence de cette anomalie dans la denrée alimentaire reste, lui, sans aucune réponse judiciaire.
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