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Palais de justice de Libreville : les dessous de la culotée infiltration de 7 ans d’un faux agent trahi par un vol

Palais de justice de Libreville : les dessous de la culotée infiltration de 7 ans d’un faux agent trahi par un vol
Palais de justice de Libreville : les dessous de la culotée infiltration de 7 ans d’un faux agent trahi par un vol © 2026 D.R./Info241

C’est une infiltration qui fera date dans les annales judiciaires du Gabon. L’arrestation fin mai d’Exaucé Mavoungou, ce faux brigadier-chef de la Sécurité pénitentiaire qui a écumé le palais de justice de Libreville depuis 2019, lève peu à peu le voile sur les zones d’ombre de sa longue imposture. En effet, au-delà de l’usurpation d’uniforme, l’homme avait mis sur pied un véritable réseau d’affaires personnel en plein cœur de l’institution.

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Sans salaire de l’État, comment ce civil a-t-il pu mener grand train pendant sept ans au nez et à la barbe des magistrats ? Les investigations complémentaires révèlent l’existence d’un circuit financier parallèle redoutablement efficace, savamment huilé par le flux continu de citoyens et une inquiétante complaisance ambiante.

 Un jackpot quotidien sur le dos des justiciables

L’enquête démontre que le faussaire s’était parfaitement intégré au greffe correctionnel, le cœur névralgique de la délivrance des extraits de casier judiciaire (bulletins 1, 2 et 3). Pour les usagers nés dans la province de l’Estuaire, le tarif standard appliqué pour ce service « hors procédure normale » était fixé à 5 000 francs CFA. Sur cette somme, le faux agent reversait 1 500 francs CFA aux agents du greffe pour accélérer la signature, empochant net un bénéfice de 3 500 francs CFA par document.

*L’astucieux faux agent*

La marge explosait littéralement avec les usagers nés à l’intérieur du pays, à qui il exigeait la somme forfaitaire de 15 000 francs CFA. Fort de son faux statut, il parvenait fréquemment à faire établir ces pièces gratuitement au ministère de la Justice, s’adjugeant ainsi la totalité du montant. Selon les recoupements, ce manège à flux tendu lui permettait de boucler ses journées avec un gain moyen flirtant avec les 100 000 francs CFA.

 Le mimétisme parfait jusqu’à la livraison dans les maquis

Si l’usurpateur a pu sévir pendant sept ans sans éveiller les soupçons de la hiérarchie, c’est grâce à un mimétisme absolu. Il reproduisait scrupuleusement les méthodes des authentiques agents affectés au palais : dès l’entrée du tribunal, il interceptait les demandeurs, collectait les actes de naissance et l’argent, puis gérait les démarches. Preuve de son insolente assurance, il poussait le zèle jusqu’à livrer les extraits de casier judiciaire directement aux justiciables à l’extérieur de l’enceinte, notamment dans les débits de boissons environnants, en distribuant allègrement ses coordonnées téléphoniques.

Cette manne financière occulte n’était pas thésaurisée, mais immédiatement recyclée dans le circuit légal. Exaucé Mavoungou effectuait régulièrement des déplacements sur l’axe de la route nationale 1 pour s’approvisionner massivement en bananes plantains et en gibier. Ces marchandises étaient ensuite écoulées auprès de commerçantes dans différents marchés de Libreville. Cette activité secondaire offrait à l’imposteur la couverture idéale pour justifier son train de vie de manière crédible.

 Le faux pas fatal et l’urgence d’un grand nettoyage

L’ironie cinglante de cette affaire réside dans le fait que le faux agent donnait entière satisfaction à ses interlocuteurs. Aucun grief n’a jamais été formulé par les usagers. Il aurait pu achever sa carrière clandestine sans la moindre anicroche s’il n’avait pas cédé à la tentation de trop. C’est finalement en tentant de dérober du chanvre indien au sein des scellés de la formation spécialisée que le faux brigadier-chef a été pris en flagrant délit, précipitant sa chute et exposant au grand jour la réalité de son imposture.

Cependant, cet arbre ne doit pas cacher la forêt d’une porosité sécuritaire endémique. Chaque jour, des dizaines d’individus totalement étrangers aux services, communément appelés « démarcheurs », squattent impunément les couloirs, la grande salle d’attente et les parvis du tribunal de Libreville. Ils accostent les citoyens pour monnayer des services judiciaires à la vue de tous. L’arrestation retentissante d’Exaucé Mavoungou doit impérativement résonner comme le point de départ d’un assainissement global et sans concession des couloirs du palais de justice.

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