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Prison centrale de Libreville : Plus de 82% des détenus sont sous détention préventive

Prison centrale de Libreville : Plus de 82% des détenus sont sous détention préventive
Prison centrale de Libreville : Plus de 82% des détenus sont sous détention préventive © 2026 D.R./Info241

C’est un chiffre qui donne le vertige et illustre à lui seul l’engorgement chronique du système judiciaire gabonais. Lors de sa visite à la prison centrale de Libreville ce jeudi 12 février, le nouveau ministre de la Justice, Augustin Emane, a été confronté à une réalité statistique implacable : sur les quelque 3 500 pensionnaires de l’établissement, soit entre 2 900 et 3 000 détenus sans jugement. Un constat alarmant qui pousse la tutelle à exiger une accélération immédiate des procédures judiciaires.

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Accompagné des principaux acteurs de la chaîne judiciaire et des responsables des droits humains, le garde des Sceaux, également en charge des Droits humains, a pu mesurer l’ampleur du défi. Si des efforts d’aménagement sont visibles au sein de la structure pénitentiaire, le nœud du problème reste administratif : la prison déborde de justiciables qui n’ont pas encore été condamnés.

Des statistiques carcérales accablantes

L’anomalie principale de la plus grande maison d’arrêt du Gabon réside dans la proportion vertigineuse de personnes incarcérées en attente de leur procès. Les chiffres révélés lors de cette visite gouvernementale mettent en lumière un déséquilibre profond :
- Population carcérale estimée : environ 3 500 détenus.
- Détenus définitivement jugés : seulement 500 à 600 personnes.
- Personnes en attente de jugement : Plus de 82 % des effectifs.

Un instantané de cette visite

Face à cette surreprésentation massive des prévenus, le ministre de la Justice n’a pas caché son inquiétude quant au respect des délais raisonnables de détention : « Les statistiques le prouvent, une grande partie des pensionnaires sont en détention préventive, souvent prolongée, et c’est un souci », a déclaré avec franchise Augustin Emane. Si l’on s’en tient à ces données, la plus vieille et ancienne prison gabonais détient entre 82,8% et 85,7% de prisonniers sous détention préventive.

Un appel pressant à la célérité des magistrats

Pour les autorités gabonaises, l’objectif affiché est clair : il faut d’urgence inverser la tendance. La logique institutionnelle voudrait que le nombre de condamnés purgeant leur peine dépasse largement celui des personnes présumées innocentes en attente de jugement.

Photo de famille

Pour désengorger la prison centrale de Libreville, le ministre a identifié le levier d’action principal : le travail des magistrats. Il a fermement relevé la nécessité d’ accélérer le traitement des dossiers en souffrance. Mettre fin aux détentions préventives prolongées est aujourd’hui une priorité absolue pour ramener les effectifs à des proportions gérables.

Inspection de terrain et "changements positifs"

Au-delà de l’analyse des registres d’écrou, cette descente sur le terrain a permis au membre du gouvernement d’évaluer concrètement les conditions de vie intramuros. L’inspection a couvert les zones névralgiques de l’établissement :
- La maison d’arrêt pour femmes et le quartier des mineurs.
- Certains des blocs cellulaires les plus peuplés.
- Les infrastructures d’accompagnement (infirmerie, chapelle, centre de réinsertion).
- La brigade cynophile.

S’il reste conscient des défis majeurs posés par la surpopulation, Augustin Emane a néanmoins pris acte des récents travaux de réhabilitation. Il a tenu à saluer les « changements positifs » induits par la modernisation des locaux. Il a réaffirmé la volonté inébranlable du gouvernement d’améliorer les conditions de détention pour garantir le respect strict des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

@info241.com
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