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Gabon : Oligui Nguema devant le Congrès ce lundi, une première sur l’État de la nation très attendue

Gabon : Oligui Nguema devant le Congrès ce lundi, une première sur l’État de la nation très attendue
Gabon : Oligui Nguema devant le Congrès ce lundi, une première sur l’État de la nation très attendue © 2026 D.R./Info241

Le rendez-vous est pris pour ce lundi. Par décret n°0255/PR signé à Libreville le 5 juin, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué le Parlement en Congrès le lundi 15 juin à 10 heures au palais Léon-Mba. Devant les députés et les sénateurs réunis, le chef de l’État, également chef du gouvernement, prononcera son premier discours sur l’état de la Nation depuis l’entrée du Gabon dans la Ve République. Un exercice constitutionnel inédit dans la nouvelle architecture institutionnelle, particulièrement attendu dans un pays où les attentes sociales, économiques et politiques restent immenses.

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Cette convocation intervient en application des articles 59 alinéa 4 et 93 de la Constitution. Elle formalise un rendez-vous déjà évoqué le 2 juin par le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, à l’issue de la séance des Questions orales au gouvernement au palais Léon-Mba. Celui-ci avait alors rappelé au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, la nécessité d’adresser une correspondance officielle afin d’inscrire ce moment dans les formes républicaines prévues par la nouvelle Loi fondamentale.

Un exercice nouveau dans un régime présidentiel

Ce discours sur l’état de la Nation marque une séquence politique particulière. Dans le nouveau régime présidentiel gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema concentre à la fois les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement. Son intervention devant le Parlement réuni en Congrès ne donnera pas lieu à un débat parlementaire, mais elle constituera un moment de clarification politique sur l’action déjà menée et sur les orientations des prochains mois.

*Un président seul face au congrès*

Pour le Gabon, habitué pendant des décennies à une organisation institutionnelle de type semi-présidentiel, cette prise de parole inaugure une pratique nouvelle. Elle installe le chef de l’État dans un exercice de redevabilité solennelle devant la représentation nationale, même si le format reste celui d’une communication présidentielle. Ce sera donc moins un débat qu’un grand oral institutionnel, mais un grand oral scruté par l’opinion, les acteurs politiques, les administrations et les partenaires du pays.

Le décor institutionnel déjà planté

Tout semble désormais prêt pour cette première. Mardi dernier, le Sénat a adopté, en termes identiques à ceux de l’Assemblée nationale, la proposition de résolution portant règlement du Congrès du Parlement. La plénière était dirigée par la présidente du Sénat, Huguette Nyana Ekoume-Awori Onanga. Ce texte tient compte des nouvelles dispositions constitutionnelles entérinées par la loi référendaire du 19 décembre 2024.

Le règlement précise notamment les organes du Congrès, son fonctionnement, le mode de votation et consacre l’Assemblée plénière comme organe délibérant. Cette étape était indispensable pour donner un cadre formel à la réunion des deux chambres. Elle confirme que la Ve République cherche à installer ses propres rituels, ses règles et ses équilibres, au-delà des habitudes institutionnelles héritées de l’ancien régime.

Un bilan attendu sur les chantiers engagés

Au fond, les Gabonais attendent surtout de savoir ce que le président dira du pays réel. Depuis son accession au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema a engagé plusieurs chantiers : infrastructures, finances publiques, gouvernance, emploi des jeunes, réforme administrative, modernisation de l’État, justice, diplomatie et souveraineté économique. Ce discours devrait lui permettre de dresser un premier bilan politique de l’action publique menée jusqu’ici.

Mais l’exercice sera également attendu sur les urgences concrètes : l’eau, l’électricité, le coût de la vie, l’endettement public, la situation de l’emploi, le fonctionnement de l’administration, la lutte contre la corruption et la crédibilité des institutions. Après les promesses de la Transition, puis celles de la campagne présidentielle, cette allocution devra donner des repères, fixer un cap et, surtout, montrer comment les annonces peuvent se traduire dans la vie quotidienne des Gabonais.

Entre clarification, cap et possibles annonces

Plusieurs observateurs s’attendent à une intervention dense, susceptible de toucher à des dossiers majeurs. Il ne serait pas surprenant que le chef de l’État annonce de nouvelles mesures sur la gouvernance, la modernisation administrative, les finances publiques ou l’organisation de l’action gouvernementale. Dans un contexte où les attentes sont élevées, chaque phrase pourra être interprétée comme un signal politique.

Cette première intervention sur l’état de la Nation ne sera donc pas un simple rendez-vous protocolaire. Elle dira beaucoup de la manière dont Brice Clotaire Oligui Nguema entend exercer le pouvoir dans la nouvelle République : seul au sommet de l’exécutif, mais devant une représentation nationale appelée à incarner le contrôle et l’équilibre institutionnel. Le 15 juin, le président parlera au Parlement, mais c’est bien l’ensemble du pays qui écoutera.

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