SEEG : 2 676 mauvais payeurs affichés sur la place publique, Port-Gentil et Franceville en tête !
Le ministère de l’accès universel à l’eau et à l’énergie, agissant conjointement avec la société d’eau et d’énergie du Gabon (SEEG), vient de frapper un grand coup dans la fourmilière des débiteurs chroniques. Répondant à une demande express du président gabonais, les deux entités ont publié ce vendredi 6 mars un communiqué dressant une liste nominative de 2 676 clients en situation d’impayés à travers le pays. Ce document d’une ampleur inédite dont Info241 a reçu copie, s’apparente à une véritable mise en demeure publique adressée à tous ceux qui, par négligence ou par mauvaise foi, asphyxient les comptes de l’entreprise publique d’énergie
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L’ultimatum fixé par les autorités est clair et ne souffre d’aucune ambiguïté. Les abonnés épinglés dans cette longue énumération disposent d’un délai de rigueur de 45 jours pour se présenter dans les agences de leurs localités respectives afin de régulariser d’urgence leur situation. Au-delà de ce délai, les contrevenants s’exposent inévitablement à des poursuites judiciaires et à des mesures de recouvrement forcé. Cette fermeté témoigne de la volonté gouvernementale de mettre un terme définitif à la culture du non-paiement des factures d’utilité publique.
Une cartographie de la dette dominée par la capitale économique
L’analyse détaillée de ce volumineux registre révèle une géographie de la dette étonnamment dominée par la province de l’Ogooué-Maritime et celle du Haut-Ogooué. Contre toute attente, c’est la capitale économique, Port-Gentil, qui prend largement la tête de ce triste palmarès avec 972 dossiers litigieux. Ce chiffre spectaculaire démontre que le bassin pétrolier du pays abrite un nombre considérable de clients défaillants, pesant lourdement sur la trésorerie de l’entreprise distributrice.
Les clients épinglés par la SEEG par localité :
| Ville (Province) | Nombre de débiteurs | Poids dans le total (%) |
|---|---|---|
| Port-Gentil (Ogooué-Maritime) | 972 | 36,3 % |
| Franceville (Haut-Ogooué) | 760 | 28,4 % |
| Libreville (Estuaire) | 568 | 21,2 % |
| Moanda (Haut-Ogooué) | 376 | 14,1 % |
| Total | 2 676 | 100 % |
Parmi ces mauvais payeurs maritimes, la liste n’épargne aucune catégorie sociale ou professionnelle. On y retrouve pêle-mêle de simples citoyens, mais aussi et surtout de grandes entreprises privées de la place, des sociétés civiles immobilières, des hôtels de luxe, des cliniques, ainsi que des institutions religieuses ou associatives, à l’instar du conseil supérieur des affaires islamiques. Le fait d’afficher publiquement des multinationales telles que Satram ou Ortec aux côtés de particuliers montre que la justice financière s’applique désormais à tous, sans distinction de taille ou d’influence.
Le Haut-Ogooué et l’Estuaire également dans le viseur
Le Sud-Est du pays suit de très près ce rythme peu glorieux, cumulant un total de 1 136 cas d’impayés répartis entre deux de ses principales agglomérations. La commune de Franceville talonne en effet Port-Gentil avec 760 mauvais payeurs formellement identifiés par les services de facturation. Elle est immédiatement suivie par la ville minière de Moanda, qui compte quant à elle 376 clients sommés de passer à la caisse. Ces chiffres alarmants pour la province du Haut-Ogooué illustrent une dérive généralisée dans le règlement des consommations d’eau et d’électricité.
À elles seules, ces villes de l’hinterland pèsent bien plus lourd dans cette liste noire que la capitale politique. Libreville, située dans la province de l’Estuaire, ne recense "que" 568 clients affichés. Bien que ce nombre reste important, il souligne un contraste frappant avec l’intérieur du pays. Dans la métropole librevilloise, les profils des débiteurs sont tout aussi variés, regroupant des ménages ordinaires, identifiés parfois par de simples prénoms, mais aussi de nombreux opérateurs économiques locaux.
La fin de l’impunité pour sauver un service public vital
En exigeant la levée totale de l’anonymat sur ces débiteurs insolvables, le sommet de l’État envoie un avertissement sans frais à l’ensemble des acteurs de la société gabonaise. Le temps du laxisme, où l’accumulation de factures impayées vidait allègrement les caisses des entreprises stratégiques de l’État, est définitivement révolu sous la Ve République. Le recouvrement de ces faramineuses créances n’est plus une simple option comptable, mais une question de survie pour la SEEG.
Le distributeur national fait face à des défis structurels immenses et son réseau nécessite des investissements urgents et colossaux pour garantir la continuité du service public. Toutefois, l’entreprise est consciente des éventuelles lacunes de sa base de données et a pris le soin d’encadrer cette vaste opération pour éviter de jeter l’opprobre sur de potentiels homonymes. Le directoire a ainsi précisé à la fin de son communiqué que « les personnes dont les identités ne comprennent que des noms ou des prénoms seront directement contactées par la SEEG » . Une démarche de prudence qui n’enlève rien à la rigueur de cette traque financière inédite.
@info241.com
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