Snobés par Oligui Nguema, Bilie-By-Nzé et son EPG se défoulent sur la « traîtresse » Annie Lea Meye !
La politique gabonaise offre parfois le spectacle de règlements de comptes où les dommages collatéraux sont légion. Le jeudi 19 mars, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a réuni au Palais Rénovation un panel particulièrement représentatif de la classe politique nationale. Une grand-messe aux allures de démonstration de rassemblement, où une absence a inévitablement cristallisé les attentions : celle du dernier Premier ministre d’Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui n’a tout simplement pas reçu de carton d’invitation.
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Cette mise à l’écart du leader d’Ensemble pour le Gabon (EPG) n’avait rien d’un oubli protocolaire. Le chef de l’État a subtilement contourné l’opposant en conviant à sa table Annie Lea Meye, figure militante de premier plan de l’EPG, invitée pour l’occasion sous l’étiquette d’indépendante. Ce coup de billard tactique de la présidence, conçu pour semer la zizanie au sein de l’opposition et sanctionner les récentes sorties épidermiques de l’ancien chef du gouvernement, a parfaitement atteint sa cible en poussant la direction du parti à la faute.
Une riposte aux allures de purge interne
Piqué au vif par cet affront public et manifestement à court de nerfs, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas su faire preuve de retenue. Le samedi 21 mars, par la voix d’Aimé Mapangou, l’EPG a publié un communiqué aux accents de vengeance sur les réseaux sociaux. La formation politique y fustige une initiative strictement individuelle et affirme, avec une fermeté trahissant un réel agacement, que « le parti EPG ainsi que son président n’ont été ni informés ni associés à la participation de Annie Lea Meye à ladite rencontre ».
#Communiqué
21/03/2026#Gabon #EPG pic.twitter.com/HjcfeUPbi1— Dixit ACBBN (@DixitACBBN) March 21, 2026
Le communiqué musclé d’EPG
La colère s’est alors abattue sans ménagement sur la militante, transformée en exutoire d’une frustration politique évidente face à l’isolement du leader. La sanction est tombée comme un couperet : l’EPG a prononcé la « mise en retrait immédiate de Annie Lea Meye de toute activité liée au parti » et a enclenché une procédure disciplinaire. Le texte officiel martèle d’ailleurs que la formation « ne saurait cautionner la présence à cette alliance de l’un de ses membres les plus en vue », confirmant la volonté de faire payer le prix fort à celle qui est désormais traitée en dissidente pour avoir osé franchir les grilles du palais sans l’aval de son chef.
Entre loyauté de façade et tentative de diversion
Face à ce déferlement de foudres institutionnelles, l’intéressée a opté pour le flegme. Jointe par nos confrères du Confidentiel, Annie Lea Meye a refusé l’escalade verbale, désamorçant la polémique avec une prudence calculée. « Le parti est dans son droit », a-t-elle sobrement réagi, avant de préciser, pour maintenir le lien malgré le lynchage médiatique en cours : « C’est encore mon parti à ce jour. » Une attitude posée qui contraste vivement avec la fébrilité de ses dirigeants et interroge sur la profondeur du divorce avec ses compagnons politiques.
Pour masquer les stigmates de cette déstabilisation réussie orchestrée depuis la Présidence, l’EPG tente désormais de déplacer le débat sur le terrain des idées. Qualifiant le raout du 19 mars d’opération de communication dépourvue de véritable dialogue, le parti appelle à se concentrer sur « la prise en charge effective des urgences économiques et sociales, notamment la diversification de l’économie, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la création d’emplois, la lutte contre la vie chère ». Une rhétorique programmatique solide, qui peine cependant à faire oublier que Brice Clotaire Oligui Nguema vient, d’une simple manœuvre, de fissurer l’édifice d’Ensemble pour le Gabon.
@info241.com
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