Crimes rituels

Gabon : Accusé d’être un criminel rituel, le patron du CESEC envoie un activiste en prison à Mouila

Gabon : Accusé d’être un criminel rituel, le patron du CESEC envoie un activiste en prison à Mouila
Gabon : Accusé d’être un criminel rituel, le patron du CESEC envoie un activiste en prison à Mouila © 2026 D.R./Info241

La riposte n’a pas tardé. Cité implicitement comme le commanditaire de l’assassinat rituel d’un jeune lycéen dans une publication Facebook virulente, Guy Bertrand Mapangou a fait jouer ses relations et la justice. Depuis le vendredi 23 janvier, l’auteur de ces accusations explosives, l’activiste et conseiller municipal de Mandji (Ngounié, sud du Gabon) Thibaut Guindamba, dort à la prison centrale de Mouila. Un emprisonnement qui ressemble à une démonstration de force de la part du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC).

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C’est un conflit asymétrique qui secoue actuellement la ville de Mandji et toute la province de la Ngounié. D’un côté, Thibaut Guindamba, élu local et lanceur d’alerte surnommé le « Pierre Péan du Sud » sur la toile. De l’autre, Guy Bertrand Mapangou, baron politique et actuel président d’une institution constitutionnelle majeure. Entre les deux, une affaire de sang jamais élucidée qui refait surface de la manière la plus brutale.

L’accusation qui ne passe pas : « Criminel rituel » et « buveur de sang »

Tout part d’une publication Facebook datée du 11 janvier dernier. Alors que le débat sur la peine de mort ouvert par ailleurs par le président du CESEC bat son plein, Thibaut Guindamba brise l’omerta sur les réseaux sociaux. Il évoque la mémoire de son « fils », Doumambila Dikoumba, un élève arraché à la vie par des « criminels rituels ».

L’interpellation de l’activiste qui a mis le feu aux poudres

Mais l’activiste ne s’arrête pas à l’émotion. Il porte une accusation gravissime, visant les nombreux intouchables de la République. « Les commanditaires pourtant identifiés et cités, malheureusement ils n’ont jamais été inquiétés », écrit-il, avant de s’interroger : « Un criminel notoire peut-il parler de peine de mort après avoir endeuillé plusieurs familles ? ». Si le nom n’est pas écrit noir sur blanc dans le post incendiaire, le patron du CESEC se serait senti clairement visé.

La réponse du « patron » : La case prison sans détour

Face à cette attaque qui touche à l’infamant, la réaction de Guy Bertrand Mapangou a été foudroyante contre le post qui entache selon lui sa crédibilité retrouvée auprès des nouvelles autorités du pays. Loin de se limiter à un simple démenti médiatique, l’ancien ministre a opté pour la manière forte.

L’activiste jeté en prison

Selon des sources proches du dossier citées par L’union ce jeudi, la machine judiciaire s’est emballée à une vitesse suspecte. Sans convocation préalable, sans audition sur procès-verbal — des étapes pourtant classiques en matière de diffamation — Thibaut Guindamba a été cueilli par la police judiciaire de la Ngounié et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de la capitale provinciale.

Une justice aux ordres ?

Pour les soutiens de l’activiste, cette incarcération immédiate est la preuve de la puissance de feu de l’accusé. En envoyant son détracteur derrière les barreaux de Mouila sans autre forme de procès, le président du CESEC envoie un message glaçant à quiconque oserait ressusciter les fantômes des crimes rituels dans la région : la prison attend ceux qui parlent trop.

Reste à savoir si cette stratégie du bâton suffira à éteindre la polémique ou si, au contraire, elle transformera le « Pierre Péan du Sud » en martyr de la liberté d’expression face aux puissants.

@info241.com
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