Bénin : 109 sièges pour le pouvoir, zéro pour l’opposition aux législatives
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Les partis pro-gouvernementaux ont raflé la totalité des 109 sièges de la nouvelle Assemblée nationale du Bénin à l’issue des législatives du 11 janvier, selon les résultats provisoires annoncés samedi par la Commission électorale nationale autonome (CENA=. Aucun député de l’opposition ne siégera au Parlement : en course sans alliance, Les Démocrates n’ont pas atteint le seuil légal de 20 % des suffrages exprimés dans chacune des 24 circonscriptions, plafonnant à environ 17 % et 450 000 voix au plan national. Les 109 sièges se partagent entre l’Union progressiste le renouveau (UPR), avec 60 élus, et le Bloc républicain (BR), avec 49 sièges, dans un scrutin marqué par une participation de 36,7 %.
Pour la deuxième fois sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin se retrouve avec un Parlement monocolore, comme en 2019, lorsque l’opposition n’avait pas pu participer au scrutin. Guy Mitokpè, porte-parole des Démocrates, dénonce un code électoral « exclusif, dangereux » et estime que son parti a été « complètement fragilisé, avec toutes ces pressions, ce harcèlement », tout en soulignant avoir « franchi la barre des 10 % ». Les Démocrates devront désormais exercer leur opposition sans aucun élu pendant sept ans, étant déjà absents des communales et exclus de la présidentielle du 12 avril prochain, leur dossier de candidature ayant été déclaré irrecevable par la Cena.
Face aux critiques de « Parlement monocolore », Parfait Ahoyo, porte-parole de l’UPR, défend au contraire « l’expression claire d’un choix populaire » et récuse tout « recul démocratique ». Les résultats restent pour l’heure provisoires : il revient à la Cour constitutionnelle de les valider définitivement, tandis que les chiffres des élections communales, tenues le même jour, sont encore en cours de traitement.
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