Médiation

Menace de grève de l’ONEP : Oligui dépêche sa ministre du Travail pour tenter de désamorcer la crise

Menace de grève de l’ONEP : Oligui dépêche sa ministre du Travail pour tenter de désamorcer la crise
Menace de grève de l’ONEP : Oligui dépêche sa ministre du Travail pour tenter de désamorcer la crise © 2026 D.R./Info241

À quelques jours de l’expiration du préavis de grève brandi par l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dépêché sa ministre du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, Jacqueline Bignoumba, pour tenter de désamorcer la crise sociale naissante. Porteuse d’un message présidentiel axé sur la cohésion et l’apaisement, la membre du gouvernement a réuni les syndicats du secteur pétrolier, alors que l’ultimatum court jusqu’au 31 janvier à 23h59.

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La rencontre s’est tenue ce lundi 26 janvier, dans la salle des réunions du gouvernorat de l’Ogooué-Maritime, en présence des responsables de l’ONEP, du Syndicat autonome des pétroliers (SAP) et du Syndicat des employés et ex-employés retraités du pétrole et activités connexes (SEERPAC). Objectif affiché : instaurer une accalmie « totale » dans un secteur traversé par des tensions récurrentes depuis 2017 et ouvrir la voie à des négociations.

Message présidentiel et appel à l’apaisement

« Depuis des années, le secteur pétrolier est en guerre. Il faut qu’on arrive à trouver des solutions pour ramener ce secteur dans un objectif de dialogue permanent, de paix et de construction, plutôt que d’être dans le qui-vive. Que les entreprises trouvent des solutions durables, pas des solutions prises sous le feu de l’action  », a lancé Jacqueline Bignoumba devant les partenaires sociaux.

Une vue des leader syndicaux

Le déplacement ministériel intervient après l’annonce, le 18 janvier, d’un préavis de grève par l’ONEP, qui brandit la menace d’une grève générale illimitée à l’échéance de son ultimatum. Dans son rôle d’arbitre et de médiatrice, la ministre a appelé toutes les parties au dialogue social, dans l’optique d’ouvrir des négociations et d’éviter une paralysie du secteur, potentiellement lourde de conséquences économiques et sociales.

La loi 20 au cœur des discussions

Sur le fond, la membre du gouvernement a insisté sur la nécessité d’objectiver les demandes et de revenir à une lecture « réelle » des textes. « Avons-nous toujours besoin de recourir au chef de l’État ? Non ! Le président de la République prendra les recommandations en connaissance de cause. On résoudra les problèmes en fonction de la lecture réelle de la loi 20, et en fonction des circonstances. Je ne peux pas promettre qu’on résoudra définitivement les problèmes de cette loi, qui fait partie des textes pris sous la pression  », a-t-elle prévenu.

Une autre vue des participants

De son côté, l’ONEP dit rester disposée à ouvrir des négociations, tout en dénonçant un climat social qu’elle juge de plus en plus délétère dans le secteur pétrolier et les activités connexes. Le syndicat affirme que, malgré plusieurs préavis déposés depuis près de deux ans, les réponses apportées par les employeurs n’ont pas été jugées satisfaisantes.

Revendications et secteur sous tension

L’organisation syndicale maintient ses revendications : fin de la mise à disposition du personnel, qualifiée d’illégale, alignement des salaires sur les grilles des sociétés utilisatrices avec effet rétroactif, et intégration des travailleurs remplissant les conditions légales. Dans son périmètre de mobilisation, l’ONEP cite notamment Perenco, Assala, TotalEnergies EP, Maurel & Prom, BW Energy, Bourbon Offshore, Schlumberger, ainsi que plusieurs entreprises de services.

En cas d’échec des discussions, le syndicat annonce un arrêt concerté de travail, avec un service minimum limité à 40 % de l’activité, conformément au Code du travail, et strictement consacré à la sécurisation des installations pétrolières. « Nous nous tenons disponibles pour les échanges futurs afin de trouver une solution qui puisse ramener très vite la sérénité  », a déclaré le secrétaire général de l’ONEP, Sylvain Mayabi Binet. Dans ce contexte, une nouvelle séquence est attendue mercredi prochain au Palais Rénovation du bord de mer, où une réunion est annoncée en présence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.

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