Front social

Menacés de suspension de salaire, les agents des Eaux et forêts menacent de saisir la justice

Menacés de suspension de salaire, les agents des Eaux et forêts menacent de saisir la justice
Une des banderoles présente devant les locaux du ministère © 2021 D.R./Info241

À nouveau au piquet de grève depuis plus d’un mois, les agents des Eaux et forêts du Gabon ont tenu un point de presse ce vendredi à Libreville. Massés à l’esplanade du ministère qui abrite leurs services, les deux syndicats de ce secteur en ébullition ont menacé, dans un communiqué commun, de porter plainte contre le gouvernement si et seulement si, Lee White, leur ministre de tutelle, mettait à exécution son projet de suspendre de solde, les 168 agents en grève.

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C’est une “déclaration commune” de 3 pages signée par Didier Atome Bibang et Serge Julot Nguema Asseko, respectivement président du Syndicat national des professionnels des Eaux et forêts, et secrétaire exécutif du Syndicat national des gestionnaires des ressources naturelles qu’a lu le dernier cité devant la presse nationale conviée. Prenant à témoin l’opinion publique nationale et internationale, les représentants des syndicats suscités ont refait un non moins exhaustif rappel de toutes les étapes majeures qui ont jalonné cette interminable grève.

Les agents en colère, hier à Libreville

Dates à l’appui, cette démarche visait à démontrer, selon Serge Julot Nguema Asseko, les promesses non tenues du gouvernement dans la résolution définitive de ce bras de fer quasi permanent entre lesdits agents et les différents ministres qui se sont succédés à la tête de cette administration sans jamais en venir à bout. Visiblement, Lee White, actuel ministre et fin connaisseur de ce département avant son entrée au gouvernement, ne s’en sort pas à son tour. Et pourtant, rappellent les grévistes, ce ne sont pas des ambitions et bonnes intentions qui lui manquaient à son arrivée.

Une autre banderole des grévistes

Or, déplorent ces agents grévistes, les méthodes employées par le ministre gabonais d’origine britannique sont aux antipodes des modèles de gouvernance moderne dans un État dit de droit, et totalement contraires à la volonté pourtant clamée par Ali Bongo et son gouvernement qui crient sur tous les toits vouloir faire du dialogue social une arme de gouvernance. Pour illustrer les méthodes cavalières de leur ministre, les syndicalistes ont par exemple rappelé que le 1er septembre 2020, « les agents du ministère des Eaux et forêts et de l’environnement étaient la cible d’une charge de la gendarmerie ordonnée par monsieur Lee White. Cet évènement s’était soldé par des blessures graves sur agents publics non violents et avait donné lieu à une vague de dénonciation dans l’opinion publique ».

Serge Julot Nguema Asseko, porte-parole des syndicats en grève

Comme pour ne pas arranger les choses, ajoutent-ils, « le 29 mars 2021, monsieur le ministre Lee White a publié une note à l’attention des agents grévistes portant suspension de leurs salaires du mois d’avril sur l’unique motif d’exercice du droit de grève pourtant reconnu en République gabonaise ». Une note qui, visiblement, aurait fait monter d’un cran une tension déjà palpable qui ne demandait qu’à être maintenue en l’état, voir éteinte.

En conséquence de quoi, disant solennellement “Trop c’est trop”, ils envisagent « d’ici peu engager la procédure de dépôt d’une plainte contre le gouvernement en raison des privations illégales accusées et de multiples sévices subis ». Pourtant présent dans ses bureaux en matinée, Lee White a préféré déserter les lieux peu avant que les agents grévistes de son administration n’entament un retentissant concert de casseroles devant la presse.


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