PV électroniques, fin des petits arrangements… Ce qui attend les automobilistes gabonais
C’est une petite révolution qui se prépare sur les routes gabonaises. Ce lundi 2 février, le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a signé un Mémorandum d’entente (MoU) avec le groupe Infragroup Holding, ouvrant la voie à la numérisation intégrale de la gestion du transport terrestre. Objectif affiché : moderniser l’administration du secteur, renforcer la sécurité routière et assainir des pratiques encore marquées, par endroits, par l’informel. Le Gouvernement présente ce chantier comme un levier à la fois technique, financier et de santé publique.
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Cette signature s’inscrit dans la continuité de discussions stratégiques entamées en début d’année. Elle fait suite à l’audience accordée ce 12 janvier aux responsables d’Infragroup Holding, au cours de laquelle le groupe avait exposé sa vision et ses solutions. En actant ce partenariat, l’exécutif formalise une intention de coopération destinée à transformer durablement la gestion du transport terrestre national. L’accord pose ainsi les fondations d’un Système de gestion intégré du transport terrestre, appelé à être déployé progressivement.
Un système intégré pour sécuriser les routes et simplifier les démarches
Au cœur du projet, le déploiement d’une plateforme numérique interopérable dédiée à la gestion globale du secteur. L’ambition est de réduire drastiquement les accidents, enjeu majeur de santé publique, tout en fluidifiant les démarches administratives liées à la circulation et au parc automobile. Le dispositif doit aussi améliorer la supervision des axes routiers et la capacité de réaction des services compétents. À terme, l’État veut disposer d’outils fiables pour piloter les politiques de prévention, sur la base de données consolidées.
Récapitulatif du Projet de numérisation du Transport terrestre
| Volet | Mesure / outil | Objectif | Impact pour l’usager | Acteurs / périmètre | Points de vigilance |
|---|---|---|---|---|---|
| Cadre du projet | Mémorandum d’entente (MoU) signé le 2 février 2026 | Lancer la transformation numérique du Transport terrestre | Basculement progressif vers des démarches et contrôles numérisés | Ministre d’État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi ; Infragroup Holding | Calendrier à préciser ; articulation avec les textes en vigueur |
| Gouvernance | Système de gestion intégré du Transport terrestre | Centraliser, standardiser, tracer les procédures | Démarches potentiellement plus simples et plus rapides | État ; opérateur ; administrations concernées | Interopérabilité ; protection des données |
| Contrôle routier | Suivi et contrôle en temps réel (caméras, capteurs, etc.) | Sécuriser, fluidifier la circulation, améliorer la réactivité | Meilleure gestion des flux ; détection plus rapide des comportements à risque | Axes routiers ; forces de l’ordre | Perception de « surveillance » ; maintenance des équipements |
| Sanctions | Verbalisation électronique | Réduire l’informel ; fiabiliser la chaîne de sanction | Moins de paiement « de la main à la main » ; procédures plus claires, mais plus de rigueur | Forces de contrôle ; Trésor public | Risques d’erreurs ; modalités de recours à encadrer |
| Parc automobile | Registre national des véhicules | Assainir le parc ; lutter contre le vol et la fraude | Traçabilité accrue ; contrôles facilités pour les usagers en règle | Propriétaires ; services d’immatriculation ; forces de l’ordre | Mise à jour des données ; intégration assurance/contrôle technique si prévue |
| Pilotage public | Production et analyse de statistiques sur l’accidentalité | Orienter les politiques de prévention | Actions plus ciblées (zones, périodes, facteurs) | Administration ; sécurité routière | Qualité des données ; transparence des indicateurs |
| Ressources humaines | Formation et renforcement des capacités | Permettre l’appropriation des outils | Contrôles plus homogènes ; baisse attendue de l’arbitraire | Agents de contrôle ; administration | Conduite du changement ; couverture territoriale |
| Finances publiques | Optimisation des recettes non fiscales (amendes, taxes) | Améliorer la traçabilité et le rendement | Paiement plus sécurisé ; réduction des pertes | État ; Trésor ; services de recouvrement | Acceptabilité sociale ; transparence sur l’affectation des recettes |
Sur le plan opérationnel, l’initiative prévoit notamment le suivi et le contrôle en temps réel de la circulation, via des technologies de surveillance et de collecte d’informations. Elle comprend également la production et l’analyse de statistiques sur l’accidentalité, afin d’orienter plus finement les actions publiques. Pour les autorités, il s’agit de mettre fin à certaines zones grises de la gestion routière, en standardisant les procédures et en renforçant la traçabilité. Le projet est ainsi présenté comme une réforme de gouvernance autant que comme une modernisation technique.
Verbalisation électronique : moins de contact, plus de traçabilité
La mesure la plus visible pour l’usager concerne l’instauration progressive de la verbalisation électronique. Concrètement, les carnets à souche et les amendes payées de la main à la main sont appelés à disparaître au profit d’un traitement numérique des infractions. L’infraction serait constatée et enregistrée via un dispositif électronique, rendant la sanction plus standardisée. L’objectif annoncé est de réduire les dérives liées au contact direct, souvent cité comme un facteur de tracasseries et de négociations informelles.
Une autre vue de la cérémonie d’hier
Cette évolution implique aussi une application plus stricte des règles. Les autorités misent sur une meilleure traçabilité des paiements et sur un circuit financier sécurisé, afin que les recettes liées aux amendes soient mobilisées de manière transparente. Pour l’usager, le changement se traduira par des procédures plus claires, mais aussi par une moindre possibilité d’arrangements. Le Gouvernement met en avant une amélioration de l’efficacité du contrôle, tout en promettant une meilleure lisibilité des sanctions et des démarches.
Registre national des véhicules : fin des « véhicules fantômes »
Autre pilier du système : la constitution d’un Registre national des véhicules. L’objectif est d’assainir le parc automobile et de renforcer la traçabilité, notamment dans la lutte contre le vol et les usages frauduleux. Pour les propriétaires en règle, cette base de données est présentée comme une garantie supplémentaire, facilitant l’identification et la vérification des informations lors des contrôles. Elle doit également contribuer à une meilleure gestion administrative des immatriculations, mutations et autres formalités.
En revanche, le dispositif vise aussi à resserrer l’étau sur les véhicules non conformes, mal assurés ou circulant de manière irrégulière. La centralisation des données doit permettre aux forces de l’ordre de détecter plus rapidement une anomalie et d’agir avec des moyens renforcés. Couplée au suivi en temps réel, cette mesure entend réduire la circulation d’« épaves » et d’unités non identifiées, souvent pointées comme des facteurs de danger. Le registre est ainsi présenté comme un outil de sécurisation autant que de régulation.
Formation des agents et optimisation des recettes
Au-delà de la technologie, l’accord intègre un volet humain : le renforcement des capacités des forces de contrôle routier. L’objectif est d’adapter les compétences des agents aux nouveaux outils numériques, afin d’assurer un déploiement efficace et homogène sur le terrain. Cette dimension est stratégique : sans appropriation des dispositifs, la réforme risquerait de rester partielle ou inopérante. Les autorités annoncent ainsi une montée en puissance progressive, articulée autour de l’équipement, de la formation et du pilotage.
Sur le plan financier, le système vise une gouvernance plus vertueuse, avec l’optimisation de la mobilisation des ressources non fiscales. La promesse est celle d’une meilleure traçabilité des amendes et des taxes, limitant les pertes et améliorant le rendement pour l’État. Pour le gouvernement, la transparence des circuits de recouvrement est un enjeu central, au même titre que la sécurité routière. Cette réforme, enclenchée par la signature du MoU ce 2 février 2026, marque une étape décisive vers une administration routière pilotée par la donnée et le numérique.
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