Excuses

Gabon : Interpelés par la police, deux ngangas contraints de s’excuser sur leurs propos polémiques

Gabon : Interpelés par la police, deux ngangas contraints de s’excuser sur leurs propos polémiques
Gabon : Interpelés par la police, deux ngangas contraints de s’excuser sur leurs propos polémiques © 2026 D.R./Info241

La fermeté de la justice gabonaise semble avoir eu raison de l’arrogance affichée il y a quelques jours par deux ngangas très médiatiques. Après un week-end mouvementé marqué par leur interpellation successive par les éléments de la Direction générale des recherches (DGR), Junior Xavier Ndong Ndong et Maître Dokira Atsam Ella ont présenté, ce lundi 5 janvier, des excuses publiques. Les deux hommes tentent désormais d’éteindre l’incendie allumé par leurs déclarations jugées tribalistes pour l’un, et faisant l’apologie du crime rituel pour l’autre.

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Le ton a radicalement changé ce lundi pour les deux tradipraticiens qui se disaient pourtant intouchables. Fini les diatribes enflammées et les théories scabreuses sur la "beauté" des crimes rituels qui défraie la chronique depuis plusieurs semaines au Gabon. Désormais entre les mains des gendarmes de la DGR, les deux figures controversées du monde spirituel gabonais ont dû s’expliquer devant les enquêteurs, mais aussi devant la nation.

Ndong Ndong plaide la "transe"

Le premier à avoir été interpellé samedi 3 janvier, Junior Xavier Ndong Ndong, président du Conseil national des rites et traditions du Gabon, un ordre de ngangas, s’était illustré par une sortie virulente le 27 décembre 2025. Il avait alors stigmatisé les communautés Téké et Myéné, les accusant de confisquer les régies financières et de laisser les autres ethnies dans la misère.

Les excuses deux tradipraticiens ésotériques

Face à la gravité de ces propos à caractère tribaliste bien que proche de la réalité, Ndong Ndong a invoqué un état second pour justifier son dérapage : « À l’occasion de cette sortie... dans un état spirituel, nous avons tenu des propos qui ont pu heurter l’opinion nationale » , a-t-il déclaré ce lundi devant les cameras de Gabon 24, dépêchés dans les locaux de la DGR.

Le président des ngangas assure désormais vouloir rassembler plutôt que diviser : « Mon rôle n’est pas de choquer, plutôt de sensibiliser. [...] Il arrive un moment, comme lorsque ces propos étaient sortis et que j’étais en transe, qu’on prenne la peine de regarder dans le rétroviseur ». Se disant « désolé de l’effet produit », il appelle aujourd’hui à « mettre la main ensemble pour construire un nouveau monde » .

Dokira évoque un "hors-piste" linguistique

Le cas de Maître Dokira Atsam Ella, interpellé hier, avait suscité une indignation encore plus vive. Invité de l’émission Dieu en question sur Gabon 1ère le 28 décembre, il avait affirmé que le crime rituel n’était « ni bon ni mauvais » et qu’il se tenait « dans la vérité des lois spirituelles » du Gabon.

Face au tollé, le tradipraticien joue la carte du malentendu sémantique. « Je pensais m’exprimer proprement et clairement, mais je pense que j’avais fait fausse route sur les termes choisis », a-t-il concédé. Selon lui, il faisait référence aux sacrifices d’animaux et non d’humains : « En tant que Gabonais normal, je ne peux pas faire la promotion de la criminalité, de l’assassinat de Gabonais ».

Il explique s’être laissé emporter par la chaleur du débat télévisé : « Je me suis égaré dans ma verve... Quand on est dans un débat et qu’il y a des idées qui s’entrechoquent... on est parfois tenté de faire du hors-piste, ce qui a été mon cas ».

Si ces excuses publiques visent à apaiser les tensions sociales, elles n’effacent pas pour autant les faits. Les deux hommes restent pour l’heure à la disposition de la justice, qui devra déterminer les suites à donner à ces dérapages verbaux qui ont secoué l’opinion publique en cette fin d’année. Vont-ils rejoindre ou pas la célèbre prison centrale de Libreville déjà surpeuplée ? Réponse dans les prochaines heures.

@info241.com
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