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Grève du secteur pétrolier : l’ONEP menace d’arrêter la production au Gabon le 31 janvier

Grève du secteur pétrolier : l’ONEP menace d’arrêter la production au Gabon le 31 janvier
Grève du secteur pétrolier : l’ONEP menace d’arrêter la production au Gabon le 31 janvier © 2026 D.R./Info241

Le climat social se tend dangereusement dans le secteur pétrolier gabonais. L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a adressé un ultimatum formel à l’ensemble des compagnies pétrolières opérant au Gabon, les menaçant d’un arrêt de la production nationale dès le 31 janvier 2026 à 23h59, faute de réponses à leurs revendications sociales restées lettre morte.

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Dans une correspondance du 16 janvier transmise aux dirigeants des compagnies pétrolières, des majors aux sociétés de prestation, l’ONEP dénonce le silence persistant des employeurs face aux préoccupations des travailleurs. Une attitude que le syndicat juge lourde de conséquences pour la paix sociale dans un secteur stratégique de l’économie nationale.

Des pratiques dénoncées comme illégales au cœur du bras de fer

« Cette attitude, qui traduit votre volonté de compromettre la paix sociale dans le secteur pétrolier et activités connexes, nous oblige à vous fixer un ultimatum au 31 janvier 2026 à 23 heures 59 minutes pour satisfaire aux revendications professionnelles qui vous ont été soumises », écrit l’ONEP. Selon le syndicat majoritaire, les préavis de grève à l’origine de cet ultimatum remontent à près de trois ans. Depuis lors, les entreprises concernées auraient adopté une posture de déni, « faisant semblant de tout ignorer », malgré de multiples alertes.

Les revendications portées par l’ONEP concernent notamment : la mise à disposition frauduleuse et illégale du personnel ; l’arrimage des salaires des travailleurs aux grilles salariales des sociétés utilisatrices, avec paiement rétroactif des sommes dues ; le basculement vers les sociétés utilisatrices des travailleurs remplissant les conditions légales et réglementaires.

À ces exigences s’ajoutent des cahiers des charges spécifiques, déposés par les syndicats d’entreprise auprès de leurs employeurs respectifs, dont l’ONEP réclame également la satisfaction totale. Faute de réponse satisfaisante avant l’échéance fixée, l’ONEP prévient qu’elle déclenchera une grève générale dans le secteur pétrolier, avec un service minimum limité à 40 % des activités quotidiennes, conformément à l’article 385 du code du travail.

Un secteur stratégique sous haute pression

Toutefois, compte tenu de la dangerosité des opérations pétrolières – notamment l’enlèvement pétrolier, le forage et les opérations de workover – le service minimum sera essentiellement consacré à la sécurisation des installations et des équipements, précise le syndicat. Cette menace de paralysie intervient dans un contexte économique sensible.

Malgré les efforts affichés de diversification de l’économie, le pétrole demeure la principale source de revenus du Gabon, contribuant à environ 60 % du budget de l’État, en dépit d’une baisse progressive et continue de la production. Un arrêt, même partiel, de l’activité pétrolière pourrait donc avoir des répercussions majeures sur les finances publiques et l’économie nationale, accentuant la pression sur les autorités et les opérateurs du secteur à quelques jours de l’échéance fatidique.

@info241.com
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