Gabon : Le président des ngangas prend 6 mois ferme pour diffusion de « fausses nouvelles »
Le tribunal correctionnel de Libreville a rendu un verdict sévère ce lundi 19 janvier dans l’affaire des propos tenus par le président des ngangas du Gabon lors d’une conférence de presse organisée le 27 décembre dernier. Junior Xavier Ndong Ndong, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, a été condamné à 12 mois de prison, dont 6 mois ferme, ainsi qu’à 2 millions de FCFA d’amende. Une décision dont le président du Conseil des rites et traditions du Gabon pourrait interjeter appel. À défaut, il ne recouvrerait la liberté qu’en juin prochain.
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Malgré les excuses formulées par le mis en cause, la justice gabonaise n’a pas fait preuve d’indulgence. Ses déclarations avaient suscité une vive controverse, notamment après des propos attribuant aux ethnies Téké et Myéné une mainmise sur les régies financières, au détriment des autres communautés. Initialement poursuivi pour trouble à l’ordre public, Junior Xavier Ndong Ndong a finalement été jugé pour diffusion de fausses nouvelles, le ministère public ayant recentré la procédure sur ce chef d’accusation.
6 mois ferme validés, l’amende multipliée par quatre
Interpellé le 3 janvier par la Direction générale des recherches (DGR, gendarmerie), puis présenté devant un juge 48 heures plus tard, le président des ngangas avait été placé en détention le 5 janvier. À l’ouverture de l’audience correctionnelle, le 12 janvier, le ministère public avait requis 6 mois de prison ferme et 500 000 FCFA d’amende.
Le nganga dans la tourmente judiciaire
Le tribunal a finalement durci la sanction, portant la peine totale à 12 mois, dont 6 ferme, et quadruplant l’amende, passée de 500 000 à 2 millions de FCFA. Cette condamnation est jugée lourde par l’un de ses avocats, Me Sostène Eyi Mvé, qui n’exclut pas un appel dans les prochains jours. Une perspective susceptible de tendre davantage le climat, dans une affaire déjà très suivie et politiquement sensible.
Des propos sur un supposé complot et un « coup d’État » au cœur du dossier
Selon les éléments retenus, la justice gabonaise se serait principalement appuyée sur les déclarations évoquant un supposé coup d’État fomenté par des puissances étrangères, dont le Bénin, contre le pouvoir du président Brice Clotaire Oligui Nguema. C’est cette diffusion de fausses nouvelles qui a valu à Junior Xavier Ndong Ndong la condamnation prononcée, le tribunal semblant vouloir faire de ce dossier un cas d’école.
Lors de la conférence de presse incriminée, l’intéressé avait expliqué s’être exprimé alors qu’il se disait « en transe », affirmant notamment que la recrudescence des crimes rituels et des disparitions aurait pour objectif de pousser la population à se soulever contre le régime, afin de provoquer un passage en force. Incarcéré depuis le 5 janvier, et condamné à 6 mois ferme, Junior Xavier Ndong Ndong devrait, sauf révision du jugement ou décision favorable en appel, recouvrer la liberté autour du 5 juin prochain.
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